D'un caroubier geant, au cimetiere, un jour,

Je te vis, M'caouda, mauresque potelee :

Tu riais. -- Ma jeune ame eut un frisson d'amour.

Je fumais, etendu parmi les grandes mauves,

Suivant а l'horizon la ligne sur les cieux

Que tracent, couronnes de neige, les monts fauves ;

L'eclat franc de ta joie en detourna mes yeux.

Sur une tombe ancienne ou fleurissaient des feves,

Et sans rien qui voilat ton visage enfantin,

Tu riais, accroupie, o regret de mes reves!