que je veux parler de vous, et je me suis rappelé qu'hier parlant avec Emma j'ai remarqué pour la première fois qu'il est très insipide que je vous dise vous, с'est le vice-versa du tu avec lequel Strübing me régale, je vous propose donc d'écrire vos lettres au singulier). Eh bien, j'ai trouvé Emma très triste, elle est profondément chagrinée, -- ce n'est pas purement et simplement la séparation qui l'afflige, elle (et beaucoup d'autres) pense que le visa n'est pas trop nécessaire, -- vous comprenez donc qu'elle doit expliquer le tout par un manque d'amour actif, etc., etc. -- Cela l'а fait penser et repenser, et sous ce rapport elle est parvenue à s'insurger tant soit peu contre Votre Seigneurie. -- Ici commence cette petite ligne de démarcation qui sépare nos opinions, -- moi j'applaudis de tout mon cœur ce sentiment d'opposition (vous l'aimez dans les enfants -- il faut généraliser et l'admettre dans toutes les relations) -- c'est la véritable indépendance, non pas avarice de soi, mais das Selbständige -- qui peut se fondre en amour et en amitié -- sans se laisser absorber. Sur ce thème comme sur l'autre concernant l'analyse (comme vous le dites) je suis prêt à vous écrire des lettres monstres. Un seul mot, encore, -- je crois indispensable pour vous de venir ici pour un temps quelconque; hier Barman n'avait pas encore de lettre de Dr. -- Je ne sais rien encore de mes affaires. Kapp me fait une très bonne proposition de Francfort...

Emma vous a envoyé une lettre et un paquet adressés à ma femme à Zürich, Hôtel Bauer, faites demander. Et où êtes-vous enfin, je ne sais comment vous écrire -- à Bern ou à Zurich.

Müller-Strübing a été enlevé par G. Sand, et demeure chez elle.

Aujourd'hui jour de naissance de Hor. -- Vous l'avez oublié -- vous avez très mal fait.

2 heures.

Je viens de Rot. -- Les affaires ne sont pas bonnes, mais elles ne sont pas tout à fait désespérées. Premièrement nous avons connaissance à présent comment tout cela s'est fait. Rot m'a montré une lettre de Gaskel, où il l'avertit que le ministre de la police à Pétersbourg voulait opposer un veto contre le payement de mon billet, mais il était déjà trop tard. Le fait de cette translation a, à ce qu'il paraît, éveillé l'attention, de là -- l'interdit. -- Rot tient l'affaire de m-me Haag pour possible, mais après l'avis do Gaskel -- il n'y a pas à penser à un payement. Il veut l'envoyer, et faire toutes les démarches possibles pour l'encaisser sans prendre le résultat à sa responsabilité. Concernant le bien -- il pense que c'est une affaire

complètement perdue, mais il m'a proposé d'en écrire à Gaskel et de la lui proposer.

Après avoir mûrement réfléchi, je me suis décidé à remettre le billet à condition de recevoir le billet intact ou une somme équivalente. -- La première réponse de G -- je dois l'attendre ici. -- Très possible que ma mère s'en ira toute seule.

J'ai été chez Barm, il doute fortement de la réussite de votre affaire.

J'ai reèu 300 fr de m-me Herwegh payables à vue à Zurich (notre style de banquier, m-r) par m-me Herzen. Elle a voulu vous les envoyer, mais je crois que la chose est beaucoup plus simple, j'en ai écrit à ma dame/femme/épouse.