Réveiller la nature énergique et large -- qui se laissait aller, qui à force d'être gâtée s'est gâtée.

De vous rappeler que vous êtes homme et non femme.

De vous dire franchement qu'il n'y a pas de vie communale possible sans la complète liberté et autonomie des personnes -- toute l'amitié ne suffirait pas dans un séjour où un des amis s'arrogerait le droit de plonger les autres dans une gêne morale, dans la tristesse, parce que tel est son bon plaisir. Qui appliquera la torture à une femme par nonchalance (car je vous le répète, au commencement de votre séjour à Genève vous avez eu la possibilité de faire un peu autrement), -- enfin, sacré Dieu, à bas les, caprices et vive la facilité de l'existence, vous vous arrêtiez si souvent et bronchiez aux petites misères -- vous avez traîné les heures comme des boulets aux pieds -- est-ce que Nat ne vous a pas dit la même chose?

Et bien, dixi.

Mais je ne veux pas qu'il en soit ainsi.

Pensez bien... moi je n'écrirai plus sur ce sujet, il est épuisé, cela deviendra répétition...

Je suis comme toujours, comme je vous l'ai écrit, tout prêt à passer une éponge sur les mots -- je m'exécute même de tout ce que j'ai dit durement, cela effarouche seulement, peut-être c'est tanto poco la nature hyperboréenne.

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Votre lettre était chez ma femme et j'ai commencé à écrire la réponse après avoir lu la première feuille, elle m'apporte à l'instant la seconde partie. Certainement, j'accepte le Tu que je te proposai dans la première lettre de Paris.

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