70. Д. МАЦЦИНИ

13 (1) сентября 1850 г. Ницца.

13 sept 1850. Nice.

Votre lettre m'a fait beaucoup de bien, il y a tant d'expressions sympathiques, amicales, et on est si heureux de les entendre d'une personne qu'on aime et qu'on estime. Oui, je vous estime de tout mon cœur et je n'ai aucune crainte de vous dire franchement ma pensée concernant les publications dont vous me parlez dans votre lettre. Vous m'écouterez avec indulgence, n'est-ce pas?

Vous êtes le seul acteur politique du dernier temps dont le nom est resté entouré de respect, de gloire, de sympathie; on peut être en désaccord avec vous, il est impossible de ne pas vous estimer. Votre passé, Rome de 1849 vous obligent à porter haut le grand veuvage -- jusqu'à ce qu'un nouvel avenir viendra inviter le combattant.

Eh bien, c'était triste pour moi de voir ce nom ensemble avec les noms de ces hommes incapables qui ont compromis une position admirable, qui ne nous rapellent rien que les désastres amenés par eux.

Ce n'est pas une organisation -- c'est la confusion. Ni vous, ni l'histoire n'ont plus besoin d'eux, tout ce qu'on peut faire pour eux -- c'est de les amnistier. Vous voulez les couvrir de votre nom, vous voulez partager avec eux votre influence, votre passé, -- ils partageront avec vous leur impopularité et leur passé.

Regardez le résultat. Quelle est la bonne nouvelle qui nous est apportée par le Proscrit et par la proclamation? Où est l'enseignement grave et douloureux qui nous a été imposé par les terribles événements depuis la journée du 24 février? C'est la continuation du vieux libéralisme et non le commencement de la nouvelle liberté, ce sont des épilogues, et non des prologues. Pourquoi ces hommes ne peuvent s'organiser comme vous le désirez -- parce qu'on s'organise non sur la base d'une sympathie vague, mais d'une pensée profonde, active -- où est-elle? Où est le progrès depuis la Montagne de 92? Ces hommes sont les bourbons de la révolution, ils n'ont rien appris.

D'un autre côté, la première pièce devrait avoir un grand caractère de sincérité; eh bien, qui pourra lire sans un sourire ironique le nom d'Arnold Rouge (que je connais beaucoup et que j'estime) sous une proclamation qui parle au nom du Dieu et de la providence -- de Rouge, qui a prêché depuis 1838 dans les Hallische Jahrbücher l'athéisme, pour lequel l'idée de la providence (s'il est logique) doit être toute la réaction en germe.

Cette concession, c'est de la diplomatie, de la politique -- moyens de nos ennemis. Malheureusement cette concession était inutile; la partie théologique de la proclamation est du