Братцы!
85. А. КОЛАЧЕКУ
12 февраля (31 января) 1851 г. Ницца.
Nice, le 12 février 1851.
Voilà, monsieur, l'avant-dernière partie de mon article sur la Russie, dans une huitaine je vous enverrai la conclusion. -- Vous m'obligerez infiniment en m'envoyant chaque fois 2 exemplaires et expédiant après 8 ex des Nos> qui contiennent l'article par un libraire quelconque à l'adresse de Visconti libr à Nice.
Quant à la brochure -- arrangez-vous comme cela vous paraîtra mieux et dites-moi un mot après.
Il y a une faute très grave dans le 1 art page 17 dernière ligne: au lieu de "Beschränkung" -- lisez "Unbeschränktheit" -- il faudrait insérer cela dans la livraison qui va paraître.
J'ai lu avec beaucoup d'attention l'article plein de verve et de talent où on me maltraite avec tant d'esprit que j'en suis enchanté. Mais il y a une grande erreur dans la manière d'envisager mes articles de ce point de vue. Non, je n'ai pas prêché un égoisme aristocratique, il y a peut-être plus d'amour que d'orgueil dans "l'admonition", mais d'un amour outragé, brisé. L'auteur n'a pas voulu voir le côté tragique, fatal, lyrique, si vous le voulez, de la chose.
Ce ne sas des essais logiques, ce sont des aspirations vers une autre activité, c'est l'articulation de la douleur, et de la nécessité de s'émanciper de l'activité passée.
L'auteur pense qu'il reste avec le peuple, qu'il va au peuple. Mais de grâce, regardez la France, le peuple par instinct a anticipé les hommes politiques, il ne s'occupe pas le moindre du monde de la montagne, de la dotation, de Changarnier -- a mes yeux с'est un progrès immense et pourtant c'est la mort de l'état existant, et de la démocratie telle qu'elle existe. Eh bien qui de nous deux, s'il vous plaît, est plus près du peuple, moi, disant qu'il n'y a rien à faire avec les politiciens, criant à l'émancipation de l'individu, montrant les bouts de galon dans tout ce qu'on appelle libre ou l'auteur?