Le 2 juin.
A toi, cher George, deux mots. Attends un peu la réponse de Stuttgart, et pars pour Nice, je te conjure. Emma est trop malheureuse là, et moi, je suis déchiré par la pensée que c'est pour mon affaire que tu restes. -- Tu ne feras rien et personne ne fera rien. -- Sois maudite cette demi-année perdue en d'ignobles tracasseries. -- C'est un parti pris de ruiner les hommes ennemis au gouvernement.
Et, sacré nom de Dieu, perdre d'un seul coup... on le fait avec courage, on s'oriente, mais être sucé par goutte, traîné des mois, trompé, trahi peut-être -- c'est au-dessus des forces humaines.
Je reste ici seulement pour savoir des nouvelles des 80 000 fr. -- L'affaire du billet, je la laisse à la providence et aux prières de St. Ignace<.>
L'idée me vient quelquefois -- si notre chargé d'affaires à Mos n'est pas un espion. Il a été honnête homme, mais... mais tempora mutantur... Fais un dernier effort, écris à Stuttgart, promets beaucoup d'argent et expose la nouvelle affaire, comment peut-on confisquer l'argent envoyé à une Wurtembergeoise qui n'a jamais été ni jugée, ni sous une enquête.
Weiter, muß man fordern, daß man wenigstens die Renten schickt vom Billet, alle Prozente, die jetzt eine große Summe machen...
Et cela sera le dernier effort -- je ne peux rien faire. Lorsqu'on a des mulets de frère, et des taupes de chargé d'affaires -- il faut se résigner. Je crois même que le ministre à Stut est un énorme Jean f...re et que Nesselrode l'а tout bonnement intimidé.
Il fallait envoyer quelqu'un en Russie -- mais qui, mais comment faire?
На обороте: Егору Федоровичу.
Рукой H. А. Герцен: