La vertu du vivant est tousjours enviée.
Combien, que j'en attends plustost contentement de la Posterité, que du Siecle present: car le cours des choses humaines est tel, que la vertu du vivant est tousjours enviée, et deprimée par Detracteurs, qui se pensent advantager en reputation, s'ilz mesprisent les labeurs d'aultruy. Mais l'homme de sçavoir, & de bon jugement ne doibt regarder à telz resveurs, & plustost s'en mocquer du tout. Ainsi faisant, je poursuivray mon effort, & attendray legitime los de la Posterité: non d'aulcuns vivants par trop pleins d'ingratitude, & maulvais vouloir. Contente toy pour ceste heure (ò peuple François) de ce petit Oeuvre: et prends pour pleige l'affection, que je porte à ma renommée, que dedans quelque temps je te rendray parfaict l'Oeuvre dessusdict. Et si aulcuns se delectent en tel labeur, cela n'est que bon. Que pleust à Dieu, que pour ung il y en eust mille: car par telz efforts le plus parfaict sera cogneu, & en demeurera la gloire au bien entendant la langue Latine, et Françoyse. Pour le moins de mon costé je tascheray de faire mon debvoir en si noble, & louable passetemps.