TABLE QUATRIÈME.
Verbe Zahtaal, radical Zah, craindre, faisant partie de la quatrième conjugaison dans l’ordre de Beltran.
PRÉSENT.
- Ten in zahtic, je crains.
- Tech a zahtic, tu crains.
- Letilé u zahtic, il craint.
- C’toon zahtic, nous craignons.
- Téex a zahtic, vous craignez.
- Letileoob u zahtic, ils craignent.
IMPARFAIT.
- Ten in zahtic cach, je craignais.
- Tech a zahtic cach, tu craignais.
- Letilé u zahtic cach, il craignait.
- C’toon c’zahtic cach, nous craignions.
- Téex a zahtic cach, vous craigniez.
- Letileoob u zahtic cach, ils craignaient.
PRÉTÉRIT DÉFINI.
- Ten in zahtahma ou ten in zahtahi ou ten in yanhi in zahtic, je craignis ou j’ai craint.
- Tech a zahtahma ou tech a zahtahi ou tech a yanhi a zahtic, tu craignis ou tu as craint.
- Letilé u zahtahma ou letilé u zahtahi ou letilé u yanhi u zahtic, il craignît ou il a craint.
- C’toon c’zahtahma ou c’toon c’zahtahi ou c’toon c’yanhi c’zahtic, nous craignîmes ou avons craint.
- Teex a zahtahma ou teex a zahtahi ou teex a yanhi a zahtic, vous craignîtes ou avez craint.
- Letileoob u zahtahma ou letileoob u zahtahi ou letileoob u yanhi u zahtic, ils craignirent ou ont craint.
PLUS-QUE-PARFAIT.
- Ten in zahtahma cachi, j’avais craint.
- Tech a zahtahma cachi, tu avais craint.
- Letilé u zahtahma cachi, il avait craint.
- C’toon c’zahtahma cachi, nous avions craint.
- Teex a zahtahma cachi, vous aviez craint.
- Letileoob u zahtahma cachi, ils avaient craint.
FUTUR SIMPLE.
- Ten bin in zahte, je craindrai.
- Tech bin a zahte, tu craindras.
- Letilé bin u zahte, il craindra.
- C’toon bin c’zahte, nous craindrons.
- Teex bin a zahte, vous craindrez.
- Letileoob bin u zahte, ils craindront.
FUTUR PASSÉ.
- Ten ɔooc u yantal in zahtic, j’aurai craint.
- Tech ɔooc a yantal a zahtic, tu auras craint.
- Letilé ɔooc u yantal u zahtic, il aura craint.
- C’toon ɔooc c’yantal c’zahtic, nous aurons craint.
- Teex ɔooc a yantal a zahtic, vous aurez craint.
- Letileoob ɔooc u yantal u zahtic, ils auront craint.
IMPÉRATIF.
- Zahte tech, crains.
- Zahte letile, qu’il craigne.
- Zahteex teex, craignez.
- U zahteoob letileoob, qu’ils craignent.
SUBJONCTIF PRÉSENT.
- Ten in zahte, que je craigne.
- Tech a zahte, que tu craignes.
- Letile a zahte, qu’il craigne.
- C’toon c’zahte, que nous craignions.
- Teex a zahte, que vous craigniez.
- Letileoob u zahte, qu’ils craignent.
IMPARFAIT.
- Ten in zahtici ou ten in zahtahmai ou ten in zahticié, que je craignisse.
- Tech a zahtici ou tech a zahtahmai ou tech a zahticié, que tu craignisses.
- Letile u zahtici ou letile u zahtahmai ou letile u zahticié, qu’il craignît.
- C’toon c’zahtici ou c’toon c’zahtahmai ou c’toon zahticié, que nous craignissions.
- Teex a zahtici ou teex a zahtahmai ou teex a zahticié, que vous craignissiez.
- Letileoob u zahtici ou letileoob u zahtahmai ou letileoob u zahticié, qu’ils craignissent.
PRÉTÉRIT.
- Ten ɔooci in zahtic, que j’aie craint.
- Tech ɔooci a zahtic, que tu aies craint.
- Letile ɔooci u zahtic, qu’il ait craint.
- C’toon ɔooci c’zahtic, que nous ayons craint.
- Teex ɔooci a zahtic, que vous ayez craint.
- Letileoob ɔooci u zahtic, qu’ils aient craint.
PLUS-QUE-PARFAIT.
- Ten ɔocaan u yantal ou ten ɔocaan u yantali ou ten ɔocaan yanili in zahtic, que j’eusse craint.
- Tech ɔocaan u yantal ou tech ɔocaan a yantali ou tech ɔocaan a yanili a zahtic, que tu eusses craint.
- Letile ɔocaan u yantal ou letile ɔocaan u yantali ou letile ɔocaan u yanili u zahtic, qu’il eût craint.
- C’toon ɔocaan c’yantal ou c’toon ɔocaan c’yantali ou c’toon ɔocaan c’yanili c’zahtic, que nous eussions craint.
- Teex ɔocaan a yantal ou teex ɔocaan a yantali ou teex ɔocaan a yanili a zahtic, que vous eussiez craint.
- Letileoob ɔocaan u yantal ou letileoob ɔocaan u yantali ou letileoob yanili u zahtic, qu’ils eussent craint.
Futur du subjonctif, ou conditionnel. Ua ten bin in zahte, si je craignais ou craindrais, etc. Le reste comme au futur simple, en préfixant ua à chaque personne.
Futur passé. Ua ten ɔooc u yantal u zahtic, si j’avais craint ou j’aurais, etc.
INFINITIF.
Présent: Zahtaal, craindre.—Passé: Ɔooc yantal u zahtic, avoir craint.—Futur: Bin yanac ti u zahtic, sur le point de craindre ou pour craindre.—Gérondif présent: Taan u zahtic, craignant[19].—Gérondif passé: Ɔocaan layhital u zahtic, ayant craint.
On a vu par l’examen de la table nº 2 des verbes, extraits de Beltran, que, dans toutes les conjugaisons, l’imparfait ne diffère du présent que par l’addition de la particule cuchi, devenu cach dans la grammaire moderne de Ruz (tables 3ᵉ et 4ᵉ). Le prétérit défini qui est toujours en ah dans Beltran, est changé en ahi ou ahma dans l’autre, qui présente en outre un passé du même verbe, précédé de l’auxiliaire avoir. Ex.: Ten in yanhi in zahtic, j’ai craint.
Le plus-que-parfait, dans les verbes anciens, ajoute au prétérit défini ili avec cuchi, et le futur passé ili cochom. Ex.: In tzicahili-cuchi, j’avais obéi; in tzicahili-cochom, j’aurai obéi. Le verbe moderne fait en se modifiant in tzicahma-cachi, pour le plus-que-parfait et au futur passé ten ɔooc u yantal u tzicic, c’est-à-dire qu’il se fait précéder d’une particule et d’un verbe auxiliaire.
Dans tous les verbes anciens et modernes, ce qui caractérise le futur simple, c’est la particule bin, qui n’est autre que le radical du verbe binel, et joue par conséquent le rôle d’un verbe auxiliaire. Ainsi quand on dit ten bin in yacunte, j’aimerai, c’est comme si l’on disait je vais aimer.
Des particules hi et hihuil, qui précèdent l’imparfait, le prétérit, le plus-que-parfait et le futur du subjonctif, on ne retrouve quelque chose que dans le prétérit yan-hi du verbe yantal, avoir[20].
Au présent du subjonctif, deux pronoms sont usités au lieu d’un: dans la première conjugaison de Beltran, le premier ten est placé avant le verbe, et le second en après. Dans les trois autres conjugaisons anciennes, comme aussi dans la conjugaison moderne, le premier et le second pronoms précèdent le verbe. Dans les autres modes et temps, les pronoms, dans les trois dernières conjugaisons, sont placés avant le verbe; ils le suivent dans la première. Dans les temps du présent et de l’imparfait, les pronoms de la première classe, ten, tech, etc., sont usités pour les trois dernières conjugaisons, et pour la première ce sont les pronoms de la troisième classe, in, a, u. Dans tous les autres temps, les pronoms de la seconde classe, en, ech, laylo, sont employés pour la première conjugaison, et les pronoms de la troisième classe dans les trois autres.[21]
«Beltran, ajoute ici Gallatin[22], n’assigne aucune raison qui explique la variation de ces divers pronoms.» Les grammaires anciennes sont probablement insuffisantes ou incomplètes, tout autant que les grammaires modernes; mais les explications que l’on ne trouve pas dans ces ouvrages, on peut par analogie les déduire des autres langues de l’Amérique centrale. En effet, si l’on prend, pour point de comparaison, le groupe des trois langues principales du Guatémala, on reconnaît immédiatement dans les pronoms du présent ten, tech, etc., le tin, ta, tu, du cakchiquel, composé de la particule ta ou tan, indiquant dans celle-ci l’actualité comme ta ou táan dans le maya; en ou in, ech et a, etc., pronoms possessifs dans l’origine, sont devenus personnels. Ainsi quand on dit ten cambezic, j’enseigne, en prenant le sens étymologique, on trouve actuellement: Mon enseigner ou enseignement. Cuchi, cach, cachi sont des variétés de formes pour exprimer le passé, dont le sens se retrouvera par l’étude plus approfondie de la langue, et la particule ah, pour le prétérit, y fait exactement l’office de x, ix ou xi dans le quiché et le cakchiquel, où ils ont une fonction toute diminutive.