UN MARIAGE A AMSTERDAM EN 1813
Sans trop s'inquiéter de la concurrence de Gand, les Pays-Bas ont voulu fêter le centenaire de leur indépendance--le retour de Guillaume-Frédéric d'Orange, fils de leur dernier stathouder--en organisant une exposition à Amsterdam. Elle est plus spécialement consacrée aux arts féminins et à la science domestique, et l'on y voit, notamment, de curieuses reproductions d'intérieurs hollandais d'il y a cent ans, ainsi que de pittoresques tableaux vivants qui évoquent les petits métiers auxquels les femmes des classes laborieuses demandent une existence précaire.
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Le bourgmestre et les demoiselles d'honneur. S'ils sont moins profonds en leurs enseignements sociaux, d'autres tableaux vivants, qui rappellent gracieusement les moeurs et coutumes des Pays-Bas en 1813, offrent de plus aimables spectacles. |
Les mariés. |
L'idée apparaît heureuse entre toutes d'avoir reconstitué avec une fidélité attentive, les noces d'un jeune aristocrate hollandais et d'une petite bourgeoise de l'époque. Des barques enguirlandées de fleurs amenèrent de Zaandam à Amsterdam les époux et leurs invités, tous habillés de costumes du temps, religieusement conservés dans les familles dont les membres participaient à l'élégante fête. Le bourgmestre figura en bonne place, flanqué de deux mignonnes demoiselles d'honneur, et, sans montrer un émoi exagéré, les jeunes épousés renouvelèrent leurs tendres aveux devant l'indiscret objectif de l'appareil photographique.
A CINQ PAS D'UNE LIONNE.--Un bel exploit de chasseur et une prouesse de photographe.
A considérer ce dramatique instantané, aussi émouvant par ce qu'il montre que par ce qu'il laisse supposer des péripéties d'une chasse dont il fixe l'un des instants, on se demande, et l'on hésite à décider, s'il faut davantage admirer l'intrépidité du tireur épaulant son arme avec un soin précis, et visant le fauve prêt à bondir, ou celle du photographe invisible qui, à quelques mètres, posément, sans hâte malhabile, fit les gestes nécessaires pour prendre l'impressionnant cliché... L'honneur en revient à un jeune et hardi reporter du Daily Mirror, M. Albert Wyndham: chargé par son journal d'aller enregistrer, au centre de k'Afrique, de sensationnelles scènes de chasse, il dut, avec son compagnon, M. Brian Brooke, battre pendant plusieurs semaines les jungles de l'Ouganda avant de rencontrer le «sujet» souhaité. Le hasard favorisa enfin les audacieux. Un matin, vers l'aurore, ils surprirent une lionne que M. Brian Brooke réussit à blesser grièvement. En suivant sa piste sanglante, ils parvinrent au lit desséché s'une rivière: là, M. Wyndham s'installa, avec son appareil, tandis que son camarade fouillait les hautes herbes, où des indices certains lui avaient révélé le passage de l'animal. Après dix longues minutes de recherche, il découvrit la retraite de la lionne, qui s'était tapie à quelques pas du photographe. Comme la redoutable bête, soudain dressée, s'avançait en rugissant, la gueule ouverte, vers le chasseur, qui tenait son fusil braqué sur elle, M. Wyndham fit jouer le déclic de l'objectif. Presque au même moment, le coup partait: frappé entre les yeux, le fauve s'affaissait, foudroyé.
Le cloître de Saint-Michel de Cuxa, réédifié dans la cour
de l'établissement de bains de Prades, et qui a été vendu à un Américain. --Phot. Labouche.