Dieppe, le 21 janvier 1611.

De Votre Paternité

Le fils en Jésus-Christ et le serviteur indigne,

Pierre BIARD S. J.

NOTES:

[I.] Nous ajouterons aux lettres de nos premiers missionnaires au Canada un fragment d'un mémoire intitulé: Monumenta Novæ Franciæ, ab anno 1607, ad annum 1737.—Insulæ Martinicæ ab anno 1678.—Insulæ Cayennensis ab anno 1668.

La traduction du chapitre II de ce manuscrit, conservé dans nos archives de Rome, donnera un ensemble de faits sur la Nouvelle- [2] France, qui ne se trouve pas dans les lettres que nous publions.

Parmi les gentilshommes qui s'offrirent à Henri-le-Grand, d'heureuse mémoire, pour entreprendre la colonisation de la Nouvelle-France, était le sieur de Potrincourt. Le roi lui accorda tout ce qu'il demandait, mais en lui signifiant qu'il aurait à emmener avec lui des religieux pris dans notre Compagnie pour les employer, selon ses ordres, à procurer le salut des sauvages; que du reste la dépense de cette mission ne serait nullement à sa charge, mais que le Trésor royal y pourvoirait.

Le R. P. Pierre Coton, alors confesseur et prédicateur du roi, et qui était fort estimé de Sa Majesté, comme on sait, fut chargé par lui de choisir, dans sa Compagnie, des hommes capables, pour mener à bien cette périlleuse et sainte entreprise.

Beaucoup de nos religieux s'offrirent pour cette mission lointaine. Parmi eux on remarquait le P. Pierre Biard, homme dont la vertu égalait le talent, et qui occupait alors la chaire de théologie à Lyon. Le choix des supérieurs tomba sur lui et sur le P. Ennemond Masse, dont nous aurons à parler plus loin.