4. Voila pour le temporel: mais pour le spirituel, auquel l'indicible, grace de Dieu nous surhausse iusques au surnom & gloire de tres-Chrestiens. Calculons & supputons les benefices qui nous accompaignent & obligent [335 i.e., 337] incessamment en [114]suite de ce premier la vocation à l'Eglise Saincte & cognoissance de nostre Sauueur Iesus-Christ; & lors nous pourrons sommer combien grande seroit l'ingratitude, & combiẽ horrible chastiment elle porteroit encroupe, si nous ne taschions de faire priser ceste grace, la communiquant à nos proches à la proportion de nos moyens, & redeuances. Tel chastiment a esté sagement remarqué par le venerable Bede. Car quelque peu auant son aage, les Escossois furent illustrés de diuine lumiere, à ce qu'ils se recogneussent estre tombés en heresie par illusion, & mesgarde; là où les Bretons, ou ceux de la Prouince de Galles, furent precipités en l'abysme, & tenebres des faux-bourgs d'Enfer, les heresies, desquels deux effects si contraires, & si opposés ce grand Sainct, [336 i.e., 338] & cognoissant veritable des œuures de la prouidence, & Iustice Eternelle; en rapporte les causes à deux dispositions diuerses de l'vn, & l'autre peuple. Parce, dit-il, que les Escossois auoyent aumosné aux Anglois auparauant par grande charité, & deuotion ce qu'ils auoyent reçeu de la verité Euangelique; & partant Dieu leur volut faire misericorde à mesure comble, & entassee, leur ouurant les yeux, pour y se voir deceus, & trompés. Là où les Bretons, soit par negligence, soit par autre intemperie d'ame, ne s'estoient guieres souciez de voir lesdicts Anglois perir miserablement en leur infidelité; Et partant meriterent cõme seruiteurs ingrats de perdre le talent de la foy Catholique, lequel ils n'auoyent daigné mettre à profit, & d'autruy, & d'eux mesmes. O que [337 i.e., 339] de choses nous aurions à penser, & dire sur ce sujet.
4. So much for the temporal; but as to the spiritual, in which the inexpressible grace of God raises us to the surname and glory of "most Christian," let us calculate and sum up the benefits which accompany and favor us [335 i.e., 337] continually after this first one, which is our calling to the Holy Church and knowledge of our Savior, Jesus Christ; and then we shall be able to estimate how great would be our ingratitude, and how horrible the chastisement it would bring with it, if we do not try to enhance the value of this grace by communicating it to our fellow-men in proportion to our means and opportunities. Such chastisement has been wisely commented upon by the venerable Bede. For, shortly before his age, the Scotch were illuminated by a divine light, so that they saw themselves fallen into heterodoxy by delusions and inadvertence; while the Bretons, or those people of the Province of Wales, were cast into the abyss and shadows of the outskirts of Hell, the heresies; of these two so contrary and opposite effects this great and Saintly Man, [336 i.e., 338] so truly acquainted with the works of providence and Eternal Justice, attributes the causes to the two different dispositions of the two nations. "For," says he, "the Scotch had previously given to the English, through great charity and devotion, what they had received of Evangelical truth; and therefore God wished to show them mercy in a full and overflowing measure, opening their eyes that they might see themselves deceived and mistaken. While the Bretons, either through negligence or other lack of spiritual moderation, were quite indifferent when they saw the English perishing miserably in their infidelity; therefore they deserved, as ungrateful servants, to lose the talent of the Catholic faith, which they had not deigned to profit by, either for others or for themselves." Oh, what [337 i.e., 339] food there is for reflection and discourse upon this subject!
Mais soit assez d'auoir au deuant de nos yeux que ces pauures peuples, ces images de nostre Dieu comme [116] nous, & capables de sa iouyssance, ces consorts de nostre espece, & presque de mesme qualité auec nous, sont sur le bord de l'horrible gouffre des feux infernaux, voire plusieurs centaines d'iceux precipitez chaque iour dans les peines eternelles, & abysmes de damnation, sans espoir de deliurance. O Dieu! nous nous estonnons de ces iugements espouuentables; comme il y a bien dequoy s'estonner; mais nous n'auons pas le sens pour apperceuoir, ny l'entendemẽt pour recognoistre, que le sang de ceste si cruelle exequution est dessus nos mains, qui ne nous euertuons pas de l'empescher: dessus nos [338 i.e., 340] pieds, qui ne nous remuons point pour y remedier; dessus nos maisons, qui les bastissons tant superbement, sans nous soucier de l'eternelle demeure de nos freres; dessus nos bourses, nos possessiõs, nos moyens, & nostre cœur qui sommes si peu esmeus de tels spectacles & contribuons si peu, là où le Fils de Dieu, nostre Sauueur, n'a point espargné sa vie. Plaise luy nous faire misericorde, & receuoir de nous, & de toute creature loüange, & benediction, à tous les siecles des siecles. Ainsi soit-il.
FIN.
But let it be enough to keep before our eyes the vision of these poor natives, these images of our God as we are, and as capable of enjoying him, these companions of our own species, and almost of the same quality as we, who are upon the edge of the horrible gulf of the fires of hell, many of them even precipitated every day into eternal torments, and profound depths of everlasting punishment, without hope of deliverance. O God! we are amazed at these frightful judgments, as there is much in them to cause our amazement; but we have not the sense to perceive, nor the understanding to appreciate, that the blood of this so cruel execution is upon our hands, who do not exert ourselves to prevent it; upon our [338 i.e., 340] feet, which do not move to remedy it; upon our houses, which we build so magnificently without caring for the eternal dwellings of our brothers; upon our purses, our possessions, our wealth, and our hearts, which are so little moved by such spectacles and contribute so little to that for which the Son of God, our Savior, did not spare even his life. May it please him to grant us mercy, and to receive from us and from all his creatures, praises and blessings forever and ever. Amen.
END.
Table des Choses Plvs Remarqvables.
| ABSENCE du P. Biard occasiõne les François de ne s'exposer au danger de se perdre. | p. | 178. |
| Acadie, pays des Souriquois, proche de Canada. | p. | 4. |
| Açores, Isles de la couronne d'Espaigne. | p. | 281. |
| Aguigueou, Asticou, Betsabes Capitaines Canadois offrent aux François prins par l'Anglois, de les retirer & entretenir. | p. | 35. |
| Alain Yeon Pilote de S. Malo charitable enuers les François de S. Sauueur. | p. | 257. |
| Ambassadeur de France en Angleterre, sollicite la liberté des Iesuites de Canada captifs. | p. | 296. |
| Anglois auancent quatre vingts lieuës sur la nouuelle France. | p. | 228. |
| Anglois desfaict par l'Armouchiquois, & pourquoy. | p. | 179. |
| Anglois habitués en la Virginie à deux cens cinquante lieuës des François de S. Sauueur. | p. | 227. |
| Anglois conduicts à S. Sauueur par mesgarde des Canadins, qui les croyoyent estre François. | p. | 229. |
| Anglois enuabissent le nauire des François de S. Sauueur, pillent l'habitation, captiuent les François. | p. | 235. |
| Anglois desrobe finement aux François leurs lettres Royaux, pour les priuer de iuste defense en leur captiuité. | p. | 238. |
| Anglois pouuant ietter en mer les Iesuites captifs, pour ne se perdre à leur occasion, se contente de les cacher. | p. | 286. |
| [120] Anglois contraints d'aborder aux Açores, sont garentis par la charité des Iesuites leurs prisonniers. | p. | 289. |
| Anglois recognoissans du bon office receu des Iesuites. | p. | 290. |
| Anglois tenant captifs les Iesuites, soupçonné d'estre pirate par les siens mesmes. | pag. | 29. |
| Anglois soupçonné d'estre pirate, se iustifie par le tesmoignage des Iesuites ses prisonniers. | p. | 293. |
| Anglois apprehendent d'aborder aux terres de l'Espagnol, auec des Iesuites captifs. | p. | 285. |
| Anglois n'ont que pretendre en la nouuelle France. | p. | 320. |
| Anguilles se peschent en my-Septembre. | p. | 47. |
| Arbres fruictiers fort rares en Canada. | p. | 31. |
| Arbres forestiers de Canada. | p. | 32. |
| Arcs & pauois sur la tombe des hommes. | p. | 92. |
| Ardoise en Canada. | p. | 32. |
| Argal Capitaine Anglois se saisit secrettement des commissions des François de S. Sauueur. | p. | 238. |
| Argal Capitaine Anglois veut renuoyer en France tous les François dans vne chaloupe, auec euident danger de leur perte. | p. | 251. |
| Argal Capitaine Anglois s'oppose fort au Mareschal de la Virginie, à ce que ses prisonniers les François ne soyent pendus. | p. | 262. |
| Argal Capitaine Anglois equitable. | p. | 270. |
| Armes des Canadois, l'arc & la targue. | p. | 55. |
| Armoiries de Madame de Guerche-ville posées au Cap de la Heue, en signe de possession. | p. | 216. |
| Armouchiquois baillent grand soupçon aux François de les vouloir piller sous pretexte de trocque. | p. | 178. |
| Armouchiquois assés disposés au Christianisme. | p. | 180. |
| Assis. Estre assis, signe de reuerence entre les Canadois. | p. | 91. |
| [122] Association de la Marquise de Guercheville auec le sieur de Potrincourt au faict de Canada. | p. | 188. |
| Asticou Sagamo en la coste d'Acadie. | p. | 222. |
| Aumars, ou Cancres de mer, furent peschés par les François de S. Sauueur en leur grande disette. | p. | 253. |
| Auoir chien & sac, en Canada, est iouyr du droict de proprieté. | p. | 51. |
| Autmoins sont les Prestres des Canadois. | p. | 54. |
| Autmoins, Medecins & Sorciers engeollent les simples Canadois. | p. | 79. |
| Autmoins se font donner force presents pour la cure des malades. | p. | 87. |
| Autmoins inuocans Dieu par le nom du Soleil, en cas de necessité. | p. | 96. |