— Qui es-tu ? demanda brusquement le colonel arrêté devant le jeune soldat Charafoutdinov qui se trouvait près de la palissade du gymnase.
— Le soldat Charafoutdinov de la 6e compagnie, Votre Haute Noblesse ! cria avec empressement et d’une voix enrouée le Tatare.
— Imbécile ! Je te demande à quel poste tu as été placé ?
Le soldat, décontenancé par l’apostrophe et par l’aspect courroucé du colonel, gardait le silence, se contentant de cligner des paupières.
— Eh bien ? dit le colonel en haussant la voix.
— Une sentinelle est… inviolable… bégaya le Tatare au hasard… Je ne sais pas, Votre Haute Noblesse, finit-il par déclarer franchement, posément.
Le visage bouffi du colonel se colora d’un rouge brique et ses sourcils en broussailles se hérissèrent. Il jeta un regard circulaire autour de lui et demanda brusquement :
— Quel est l’officier chargé du peloton ?
Romachov s’avança et porta la main à sa casquette.
— C’est moi, Monsieur le colonel.