- Nigella arvensis L.
- Sisymbrium Irio L.
- Silene inflata Sm.
- Linum strictum L.
- Vicia angustifolia L.
- Bupleurum semicompositum L.
- Torilis nodosa Gærtn.
- Chrysanthemum coronarium L.
- Calendula arvensis L.
- Atractylis cancellata L.
- Echinops spinosus L.
- Sonchus tenerrimus L.
- Coris Monspeliensis L.
- Anagallis arvensis L.
- Erythræa pulchella Horn.
- Lithospermum arvense L.
- Marrubium vulgare L.
- Ajuga Iva L.
- Globularia Alypum L.
- Plantago Coronopus L.
- P. Lagopus L.
- Ornithogalum Narbonense L.
- Scilla maritima L.
- Asphodelus microcarpus Viv.
- Juncus bufonius L.
- Hordeum murinum L.
Et, fait signalé déjà pour plusieurs oasis, la vulgarité des espèces est loin d’être compensée par leur nombre qui, d’après nos notes, n’arrive qu’au chiffre de 220, dans lequel ne figure ni un Sedum, ni une Rutacée. Les ravins ne nous y ont fourni ni Tamarix, ni Rhus, ni même le Nerium Oleander.
Cependant l’influence orientale ou saharienne n’y est pas absolument nulle, et s’y manifeste par l’apparition de quelques types qui méritent d’être signalés, d’abord le Festuca Rohlfsiana, nouveau pour la Tunisie, puis le Silene succulenta, l’Hypecoum Geslini, le Filago Mareotica, le Centaurea dimorpha, dont une forme gigantesque s’élève au niveau des buissons de Jujubier, le Chloris villosa, l’Astragalus peregrinus, le Deverra tortuosa et le Centaurea contracta.
En dehors de ces plantes, il ne nous reste à citer que le Linaria aparinoides, le Lœflingia Hispanica, l’Asphodelus tenuifolius, le Beta macrocarpa, l’Anethum graveolens, les Plantago ovata et amplexicaulis, enfin le Silene ambigua, pour épuiser la nomenclature de tout ce qui vaut la peine d’être indiqué.
En revanche, Zarzis, abstraction faite du point de vue botanique, est une oasis fort intéressante ; elle occupe dans la petite Syrte une situation des plus importantes et couvre de ses cultures un vaste espace à partir de la grève plate de son port jusqu’à huit kilomètres plus au nord.
Les Dattiers sont plantés surtout dans les parties basses, au sud du port et le long de la mer, entre la grève et le plateau qui s’étend graduellement du sud au nord, entaillé par des ravins profonds où des barrages retiennent les terres. Des Oliviers croissent dans ces bas-fonds et forment sur le plateau de grands vergers où l’on cultive aussi les céréales. C’est dans la zone basse que sont disséminés les divers villages : Zarzis, la Zaouïa, Moënza, etc. Les Dattiers des variétés appelées Ammi, Agueïoua, Remti et Rethob sont les seuls dont on mange les fruits, les autres sont innomés et leurs dattes sont employées exclusivement à la nourriture des bestiaux. En revanche, les Oliviers et les Figuiers constituent une véritable richesse pour l’oasis, et les habitants en tirent un grand revenu. Ils ont aussi des Grenadiers et j’y ai aperçu un Caroubier. Il n’y a pas d’autres arbres fruitiers, et les abricots que nous y avons mangés provenaient de Djerba. Les cultures maraîchères, qui sont les mêmes que celles de toute la région, sont irriguées au moyen de puits, dont la profondeur varie de 8 à 25 mètres, et à l’aide des appareils usités dans tout le Sahara.
Zarzis possède une maison européenne à un étage et un certain nombre de constructions mauresques ; toutes les autres habitations consistent en une série de chambres cintrées, encadrant quelquefois une longue salle à terrasse plate. Les koubbas abondent et sont presque toutes flanquées d’une citerne que recouvre une terrasse presque à fleur de sol. On rencontre çà et là des fabriques d’huile établies dans un bâtiment demi-cylindrique, dont la voûte plonge sous le sol à angle aigu. Une cheminée verticale, protégée par une sorte de capuchon de pierre, porte seule dans ce réduit souterrain l’air et la lumière.
Les champs sont entourés le plus souvent par des talus en terre garnis de touffes d’Aloès (Aloe vera L.) ; mais le long des chemins, dans l’intérieur de l’oasis, règne fréquemment le mur berbère, dont nous avons déjà parlé, avec ses deux rangées parallèles de pierres brutes enfoncées dans le sol. L’intervalle est ici ordinairement rempli de pierrailles ou de gravats.
Quoique les habitants possèdent dans les villages des maisons et des magasins, presque tous ont dans leurs jardins, sous les Palmiers, des cases, dont la carcasse en bois, revêtue de claies en tiges de sorgho, est entourée d’une enceinte de ces mêmes claies. Le sommet de cette cabane représente assez bien la carène et les flancs d’une barque renversée et rappelle, plus exactement que le gourbi arabe ou kabyle, la forme des mapalia décrits par Salluste.
Les gens de Zarzis sont en effet de vrais Berbères qui, bien que fixés au sol, cultivateurs de Palmiers et souvent pêcheurs de poissons ou d’éponges, ont conservé et gardent obstinément la coutume d’aller chaque année passer deux mois environ dans l’Aradh, sous la tente, pour procéder à la tonte des moutons et aux travaux de la moisson. Ils ont aussi, de même que leurs voisins de Djerba, la réputation de pirates.