En nous dirigeant vers la rivière, nous remarquons les plantes suivantes :
- Ammosperma cinereum Hook.
- Trigonella stellata Forsk.
- Astragalus corrugatus Bert. var. tenuirugis.
- Hedysarum spinosissimum L.
- Neurada procumbens L.
- Filago Mareotica Del.
- Centaurea furfuracea Coss. et DR.
- Crepis senecioides Del.
- Anchusa hispida Forsk.
- Marrubium deserti De Noë.
- Plantago ovata Forsk.
- Euphorbia cornuta Pers.
Les bords de l’oued sont presque entièrement nus : à peine si l’on y remarque quelques touffes naines de Roseaux (Arundo Phragmites) et de Zeïta (Limoniastrum Guyonianum ?).
Le lendemain matin, nous organisons une course au Djebel Aziza dont les sommets, nettement détachés, forment une chaîne qui se soude au Djebel Tebaga et court à peu près du nord-ouest au sud-est. Après avoir franchi l’Oued El-Hammam, nous abordons une plaine argileuse couverte de Salsolacées vulgaires, de Limoniastrum et de Retama Rætam, et nous nous dirigeons vers la quatrième montagne de la chaîne qu’un col assez élevé et un ravin abrupt séparent de sa voisine du nord. Nous grimpons rapidement jusqu’au plateau rocheux qui la couronne et forme un plan incliné vers le sud-est. La pente est couverte d’Helianthemum Tunetanum, d’H. virgatum var. ciliatum, et le beau Teucrium Alopecuros qui fut découvert dans cette même localité, en 1854, par M. Kralik, y est assez fréquent. Le long des flancs et dans les fissures du plateau terminal poussent le Periploca angustifolia, l’Ephedra fragilis, le Deverra scoparia, le Capparis spinosa var. Fontanesii, le Ruta bracteosa et l’Euphorbia Bivonæ. Au milieu de l’ascension, nous sommes surpris par une averse violente qui nous force à nous réfugier dans une grotte rencontrée fort à point sur le flanc sud de la tranche rocheuse. La pluie passée, nous reprenons notre herborisation du plateau et, parvenus à la cime, nous descendons sur le col par une fissure presque impraticable où croissent le Celsia laciniata, le Ferula Vesceritensis, de belles touffes de Moricandia suffruticosa, quelques pieds de Fumaria Numidica et des rosettes d’Umbilicus horizontalis.
Pendant que mes compagnons fouillent les rochers et parviennent à capturer un gigantesque Vipera Mauritanica, je descends à grand’peine la pente ardue du ravin au nord de la montagne, qui présente quelques bonnes espèces :
- Farsetia Ægyptiaca Turra.
- Rapistrum bipinnatum Coss. et Kral.
- Helianthemum sessiliflorum Pers. var. ellipticum.
- Reseda lutea L. var. neglecta.
- Erodium hirtum Willd.
- E. arborescens Willd.
- E. glaucophyllum Ait.
- Hippocrepis bicontorta Lois.
- Asteriscus pygmæus Coss. et DR.
- Chlamydophora pubescens Coss. et DR.
- Atractylis microcephala Coss. et DR.
- Amberboa Lippii DC.
- Zollikoferia angustifolia Coss. et DR.
- Echium humile Desf.
- Anarrhinum brevifolium Coss. et Kral.
- Salvia Ægyptiaca L.
- Ballota hirsuta Benth.
- Rumex vesicarius L.
- Aristida Adscensionis L.
Le retour s’effectue d’abord paisiblement, mais, après le passage de la rivière, l’orage se reforme ; aux premières gouttes, notre troupe prend une allure effrénée, ma mule s’emporte et, après une série d’écarts et de sauts de mouton, finit par briser les sangles et me déposer sur le sable de la route.
Le 27 mai, notre escorte de chasseurs d’Afrique et les mulets du train nous abandonnent. Nous montons des ânes, de très modestes ânes, et nos bagages sont chargés sur des chameaux. Le khalifa nous accompagne pendant une heure jusqu’à la hauteur d’un haouch qu’il possède au bord du Chott El-Fedjedj et nous laisse sous la protection de son fils Si-Ammar. Nous ne tardons pas à quitter le sol argileux de la plaine basse, délayé par les pluies de la veille, pour couper le pied des collines pierreuses qui forment la base du Djebel Tebaga. Les Salsolacées font place aux buissons de Zizyphus Lotus et de Periploca angustifolia, l’Arthratherum pungens se montre dans le fond sablonneux de petits ravins avec le Dœmia cordata. Vers dix heures, nous faisons halte au bord de l’Oued Magroun dans une dépression rocheuse. L’eau y forme des flaques où pullulent des têtards de batraciens. L’Ammosperma teretifolium atteint là des dimensions gigantesques et se mêle à de belles touffes d’Hedysarum carnosum.
Notre déjeuner est subitement interrompu par une averse qui nous force à chercher le long des rochers un abri fort insuffisant. Lorsque le nuage s’est éloigné, le feu est éteint. Il faut boire notre café froid et nous remettre en marche grelottants et déconfits. La route continue à moitié chemin entre la montagne et la sebkha, au milieu de buissons nombreux et d’une végétation herbacée vraiment luxuriante : le Linaria laxiflora s’y montre partout avec les Astragalus Kralikianus, tenuifolius, corrugatus var. tenuirugis et hamosus, le Muricaria prostrata, l’Arnebia decumbens var. macrocalyx, le Silene setacea, le Centaurea dimorpha, l’Arthratherum plumosum var. floccosum, le Danthonia Forskalei et le Sisymbrium coronopifolium var. ceratophyllum. Malheureusement la pluie recommence et nous force à nous calfeutrer étroitement dans nos burnous ou sous nos manteaux.
Des chameaux aperçus au pied du Tebaga causent une fausse alerte à Si-Ammar qui va les reconnaître au galop. Enfin, au coucher du soleil, nous arrivons au campement de Fratis, au pied d’une longue colline, près de petites cavités sablonneuses que les derniers orages ont remplies d’eau, et pendant qu’on fait sauter un lièvre qu’un de nos cavaliers a pris vivant au gîte, je visite d’anciennes cultures toutes pleines d’Allium Cupani et de Tribulus terrestris. Remarqué dans la broussaille de belles touffes d’Atriplex mollis.