- Fumaria Numidica Coss. et DR. var. sarcocapnoides.
- Sinapis pubescens L.
- Brassica Gravinæ Ten.
- Rapistrum Orientale DC.
- R. hispidum Godr.
- Dianthus Caryophyllus L.
- Silene ambigua Camb.
- S. Atlantica Coss.
- Geranium molle L.
- Erodium hymenodes L’Hér.
- Rhamnus Alaternus L. var. prostrata.
- R. lycioides L.
- Medicago Lupulina L.
- M. sativa L.
- Prunus prostrata Labill.
- Umbilicus pendulinus DC.
- Sedum album L. var. micranthum.
- S. dasyphyllum L. var. glanduliferum.
- Petroselinum sativum Hoffm.
- Galium lucidum All.
- Anthemis punctata Vahl.
- Calendula suffruticosa Vahl.
- Carduus macrocephalus Desf.
- Campanula Erinus L.
- Echium calycinum Viv.
- Verbascum Boerhavii L.
- Linaria flexuosa Desf.
- Stachys circinata L’Hér.
- Festuca plicata Hack. (F. duriuscula L. var.), etc.
Les Silene Atlantica, Petroselinum sativum et Festuca plicata sont nouveaux pour la flore tunisienne, ainsi que la variété sarcocapnoides du Fumaria Numidica et l’Oreobliton.
Au sommet du rocher qui nous abrite, je distingue plusieurs beaux pieds d’Asphodeline lutea en fruits ; malheureusement ils sont juchés sur une corniche inaccessible.
Après le déjeuner, nous longeons la base du guelâat à travers les Chardons (Silybum Marianum, Notobasis Syriaca) et les Orties (Urtica pilulifera) déjà desséchés. L’Oreobliton, le Brassica Gravinæ, le Sinapis pubescens et le Stachys circinata sont extrêmement abondants. L’Erodium hymenodes étale partout ses fleurs élégantes. Il est fâcheux que la végétation printanière ait déjà disparu ; il n’en reste que des débris dans lesquels je crois reconnaître l’Arabis auriculata et des vestiges indéterminables d’une Véronique. En revanche le Campanula Numidica n’a pas encore épanoui ses fleurs.
Arrivés au pied des degrés, nous n’en tentons pas l’ascension sans une certaine appréhension, bien que les mulets et les troupeaux de la zaouïa les franchissent chaque jour. Les marches entaillées dans un calcaire presque marmoréen sont usées, polies et effroyablement glissantes. La première rampe aboutit à une sorte de tour carrée dont les murs sont en partie bâtis avec des blocs antiques et qui, en cas d’attaque, fournirait aux assiégés une défense inexpugnable. L’escalier, affreux casse-cou, en sort par une rampe en sens inverse et forme encore un nouveau repli avant de gagner le sommet du plateau protégé par un mur en parapet. La plate-forme, qui présente un développement beaucoup plus considérable que le plan incliné sur lequel est bâti Constantine et qui a été la citadelle des Hanencha à l’époque de leur puissance, a dû servir en tout temps de refuge inaccessible et d’asile inviolable.
Les Romains y avaient au moins un poste ainsi que l’attestent des voûtes antiques qui ont dû constituer des citernes (ou peut-être des silos) et de nombreuses pierres taillées ou sculptées dont l’une porte l’épitaphe d’un Fortunatus pleuré par sa femme. Le nom arabe de Guelâat Es-Snam (la forteresse des idoles) semble indiquer qu’il s’y trouvait des statues et probablement un temple.
Nous sommes reçus très courtoisement par le moqaddem, vieillard à barbe blanche, qui insiste pour nous conserver comme hôtes au moins pendant vingt-quatre heures, offre d’autant plus méritoire que sa zaouïa, où affluaient jadis les pèlerins et les offrandes, est aujourd’hui presque complètement délaissée. Nous traversons rapidement les rues encombrées d’herbes rudérales et bordées de maisons en ruines, pour gagner deux cavités rectangulaires à ciel ouvert creusées dans le roc, mais peu profondes, qui servent de citernes aux habitants. La première est encombrée par le Ranunculus aquatilis var. Baudotii, que nous sommes surpris de rencontrer en pareil lieu. Nous parcourons ensuite trop rapidement l’immense étendue de la plate-forme, où la roche nue ne présente guère de végétation que dans les crevasses qui la sillonnent et où s’est déposé un peu d’humus. Des Légumineuses, déjà rôties par le soleil, en forment le fond : Medicago Cupaniana, M. elegans, M. tuberculata, M. tribuloides, M. turbinata, M. minima, Trifolium scabrum, T. stellatum, T. suffocatum, T. tomentosum, Melilotus sulcata, Astragalus sesameus, A. hamosus, A. Stella, A. cruciatus var. ?, etc. Vers les bords du plateau, nous retrouvons les Sedum qui croissent le long des parois et en outre une forme intéressante du Sedum acre ainsi que quelques restes presque méconnaissables d’un Sagina nain.
Des bords de cette magnifique plate-forme, de 1454 mètres d’altitude, qui domine toute la région, la vue s’étend sur un magique panorama. Du côté de l’ouest, au bas des pentes argilo-marneuses, se dresse la cime rocheuse et dentelée du Bou-Djaber et plus à l’ouest se profile le long plateau du Dir. Vers le sud, la vue s’étend à travers des ondulations de collines sur la masse sombre des forêts de Pins. A l’est, de vastes plaines, où serpente l’Oued Serrath et où s’élève le Djebel Hanech, sont semées de moissons blondes et tachetées par les douars des Oulad Bou-Ghanem et des Ferachich. Enfin, vers le nord, à gauche de monticules aux flancs abrupts, se dessine la silhouette du Kef, blanche sur le fond gris de la crête qui le domine.
La fuite de l’heure nous arrache à nos contemplations et nous ramène près de la zaouïa où nous attendent des jeunes filles aux cheveux ébouriffés et fort peu débarbouillées, les mains pleines d’œufs qu’elles viennent nous vendre. Des têtes de femmes apparaissent au-dessus des terrasses, suivant de l’œil les chances du marché. Quelques pièces blanches mettent en liesse les pauvres déguenillées et leurs mères. Le moqaddem, grave et digne, m’attend au sommet de l’escalier et récite le fatha[34] sur ma tête. La descente est plus dangereuse encore que l’ascension. J’arrive pourtant en bas sans accident, appuyé sur l’épaule du fils aîné de notre hôte.
Nous reprenons notre route à travers les blocs tombés de la cime et descendons vers le col dans les moissons où croissent le Lychnis macrocarpa, le Rhaponticum acaule et le Carduncellus calvus. Après avoir franchi le Foum Rechiana et traversé le bois de Pins, nous prenons vers l’ouest une route nouvelle qui doit nous conduire plus rapidement à Haïdra à travers la forêt que nous avons contournée le matin ; mais, une fois engagés dans les massifs de Pins et de Genévriers, nos guides se trompent et s’égarent malgré nos observations réitérées. Pendant plus de trois heures, nous errons à travers les fourrés épais, nous heurtant aux troncs qui nous meurtrissent et aux branches dont les aiguilles nous aveuglent. Déjà le soleil a disparu depuis longtemps lorsque nous sortons de l’inextricable dédale et débouchons sur l’Oued Haïdra à plus de six kilomètres du campement ; à la tombée de la nuit, notre petite troupe se débande et chacun rentre au campement aussi vite que sa monture consent à le porter.