Réjouis-le deux ans.

Réjouis-toi en ce jour

Où ne se réjouissent que mes amies,

Mes sœurs et mes cousines.

Aie la paix, ô Lella,

Donne la paix à notre demeure,

Donne la paix à ce jour !

Toute l’assistance sanglotait durant ce chant que la neggafa répéta trois fois, et les pleurs de Rita redoublaient d’amertume, car le jour des larmes était venu pour elle… Un immense déchirement la poignait à l’idée du départ si proche, de la séparation définitive d’avec tous ceux qu’elle avait aimés et connus jusqu’alors ; et la demeure de Si Taleb lui apparaissait inquiétante, étrangère, pleine de périls mystérieux.

On la reporta dans le qtaa en l’attente du cortège nuptial ; les fillettes, excitées par le prochain dénouement, tenaient à leur amie des propos indécents sur ce qui allait se passer… les femmes se complaisaient aux recommandations :

— Aie soin de ne pas déplaire à ton mari.