— Elle n’est plus jeune, et commence à se rider.
Mohamed fut très déçu en découvrant cette particularité. Puis il réfléchit qu’il avait déjà versé trente francs à Fathma et deux douros à l’entremetteuse, et qu’ayant payé une femme, autant valait en profiter.
Alors il fut son époux… et il la battit ensuite pour la punir d’être si vieille.
Fathma ne l’en aima que plus, tout émerveillée d’avoir un mari jeune et vigoureux. Elle ne regrettait pas le douro donné à Khdija.
Elle se fit humble et soumise devant Mohamed. Tout le jour elle l’attendait avec impatience, et pourtant elle savait bien qu’il rentrerait ivre et méprisant, et la battrait après avoir usé d’elle.
Alors elle pleurait. Mais au fond de son être palpitait encore la volupté d’être prise par ce jeune homme.
Au bout d’un mois elle fut enceinte.
Puis Mohamed rentra moins régulièrement. Il la rouait de coups et l’injuriait encore davantage :
— Vieille chamelle ! Chienne ! Anesse ! Plaise à Dieu que la cécité soit dans tes yeux ! Que ta langue soit nouée ! Que ton père soit maudit ! Puisses-tu être empalée !
Un jour il lui prit sa fouta de soie rouge, ses bracelets d’argent, son boléro brodé, tout ce qu’elle possédait. Puis il sortit en disant avec un rire mauvais :