Fogan. — Le fogan, comme l’appellent les Ouoloffs, est désigné par les Bambaras sous le nom de Tirba, et par les Malinkés sous le nom de Tirbo. C’est une plante terrestre, à tige souterraine, qui est bien connue de tous ceux qui ont voyagé au Soudan. Vers le mois de décembre, la tige émet un pédoncule long d’environ 5 centimètres et qui se termine par un bourgeon floral. La fleur est éclose vers le commencement de janvier. Elle est caractéristique. Ses larges pétales jaunes ne permettent pas de la confondre avec les autres fleurs similaires que l’on pourrait rencontrer. Elle est peu odorante et très fugace. Ses pétales tombent cinq ou six jours après leur éclosion, et sont remplacés par un fruit capsulaire qui arrive à maturité vers le mois de mai. Quand la capsule est sèche, elle s’ouvre d’elle-même et laisse échapper de nombreux flocons d’une bourre blanche ressemblant à de la soie végétale. Dans cette bourre sont noyées une quinzaine de graines noirâtres. Cette bourre brûle presque instantanément, si on y met le feu avec une allumette, en ne laissant, pour ainsi dire, pas de résidu. Le fogan affectionne tout particulièrement les terrains ferrugineux, et il croît de préférence dans les interstices des roches. On le rencontre rarement dans les argiles et la latérite. Les indigènes attribuent à ses graines des vertus aphrodisiaques. Le fogan appartient probablement à la famille des Asclépiadées. Ce serait l’Asclepias curassavica, L.

Le Faham (Angræcum fragrans, Pet. Th.) est une orchidée dont les feuilles servent à faire des infusions théiformes. Ces feuilles sont longues de 8 à 16 centimètres, larges de 7 à 14 millimètres, entières, coriaces, rectinerviées. Leur odeur est très agréable et leur saveur très parfumée. Elles contiennent de la coumarine.

Le Pois-de-cœur (Cardiospermum halicacabum, L.), Sapindacées, est une plante herbacée, grimpante. Feuilles alternes, longuement pétiolées. Fleurs irrégulières, polygames ou dioïques. Calice à quatre divisions. Corolle blanchâtre à quatre pétales, huit étamines, ovaire biloculaire. Loges uniovulées. Le fruit est une capsule loculicide. La racine exhale une odeur nauséabonde. Elle est diurétique et stimulante ainsi que les feuilles. Cette plante est relativement rare.

Le Cissampelos Pareira, L., Ménispermacées, est plus commun que le pois-de-cœur dans le bassin de la Gambie. On le trouve surtout dans les régions les plus méridionales. Il croît également à la Guyane dans le Maroni. C’est un arbuste grimpant dont il existe un grand nombre de variétés. Feuilles alternes, peltées. Fleurs petites, nombreuses. Inflorescence en grappes axillaires et dioïques. Fleurs mâles régulières. Calice à quatre divisions. Corolle en forme de capsule. Androcée représenté par une colonne courte, portant sur les bords du sommet discoïde quatre loges d’anthères. Fleur femelle composée d’un sépale et d’un pétale. Ovaire uniloculaire. Style à trois branches. Le fruit est une drupe presque globuleuse, rouge, comprimée et recouverte de longs poils.

Voici ce que de Lanessan, dans son remarquable ouvrage : Les Plantes utiles des Colonies françaises, écrit au sujet des propriétés de ce végétal : « La racine est une de celles qui constituent le Pareira brava. Elle est amère, un peu sucrée, très diurétique, mucilagineuse, et renferme de la Pelosine, identique, d’après Flückiger, avec la bébérine et la buxine. Bien qu’elle soit fort peu usitée aujourd’hui, cette racine passe encore pour pouvoir dissoudre les calculs vésicaux ou rénaux et guérir les morsures de serpents. La tige paraît posséder les mêmes propriétés que la racine. »

Doundaké ou quinquina d’Afrique ou Pêcher des Nègres (Sarcocephalus esculentus, Afzel). (Doy à Bassa, Amelliky à Sierra-Leone, Judali en toucouleur). Rubiacées. Sarcocéphalacées. Ce végétal a dans ces dernières années fait beaucoup parler de lui, et beaucoup d’auteurs l’ont regardé comme un succédané du quinquina. Corre, Afzélius, Féris, Bochefontaine, Marcus, Schlagdenhauffen et Heckel l’ont successivement observé à différents points de vue. Mais l’étude la plus consciencieuse et la plus complète qui en ait été faite est assurément celle que notre excellent maître et ami M. le professeur Heckel publia en collaboration avec M. le professeur Schlagdenhauffen, de Nancy, dans les Archives de médecine navale en 1885-1886. Leur beau mémoire fut couronné par l’Académie des sciences et valut à ses auteurs le prix Barbier. Après leur remarquable travail, nous n’avons rien à ajouter au sujet de cette intéressante essence botanique. Aussi prions-nous le lecteur de ne voir dans ce qui suit qu’un résumé trop succinct peut-être des observations de ces deux éminents collaborateurs.

Ce végétal est aujourd’hui universellement connu sous le nom de Doundaké. C’est ainsi que le désignent les peuplades qui parlent la langue soussou. On le trouve en grande quantité dans les environs de Hann, près de Dakar, dans toutes les Rivières du Sud, et en Gambie nous en avons dans nos voyages rencontré de nombreux et beaux échantillons. A Dakar ses fruits sont vendus sur le marché. Les indigènes en sont excessivement friands et les Européens eux-mêmes ne les dédaignent pas. Ces derniers les appellent les Pêches des Nègres, bien qu’ils aient plutôt le goût de la pomme.

Le doundaké croît un peu partout, mais il affectionne plus particulièrement la zone maritime.

C’est un arbre ou plutôt un arbrisseau qui ne dépasse pas quatre à cinq mètres en hauteur. Le diamètre de la tige des plus beaux spécimens que nous ayons vus atteint tout au plus trente à trente-cinq centimètres. Le tronc est à peu près complètement nu et ne porte que rarement de petits ramuscules. Les branches maîtresses se détachent sur le même plan à l’extrémité de la tige, si bien que vu de loin, le doundaké présente en quelque sorte l’aspect d’un énorme champignon. De plus, son tronc est noueux. L’écorce en est rugueuse, fendillée et jaunâtre. Les feuilles sont caractéristiques. Elles sont opposées, acuminées et rétrécies à la base. Le limbe en est entier. Sa face supérieure est lisse, d’un beau vert luisant. Sa face inférieure est d’un vert pâle. Le pétiole est court et porte deux petites stipules. Ces feuilles servent à envelopper les kolas. Comme elles sont fort épaisses, elles contribuent à conserver ces graines fraîches, car elles s’opposent, par leur constitution même, à l’évaporation de l’eau qu’elles contiennent, et, de ce fait, les kolas ne se dessèchent que lentement, si on a soin surtout de les mouiller légèrement de temps en temps.

L’inflorescence est en faux capitules terminaux et axillaires. Calice à cinq divisions. Corolle formée de cinq pétales, caduque, de couleur blanc pâle ou blanc jaunâtre et exhalant une bonne odeur de fleur d’oranger. Cinq étamines, ovaire biloculaire. Style blanc. Loges pluriovulées. Ovules anatropes. Le fruit est globuleux, ressemblant par la forme à celui du pêcher. Il est syncarpique et de couleur rouge noir. Les graines en sont petites, blanchâtres, ovoïdes. L’albumen en est charnu et les cotylédons oblongs.