Fouff. — Le fouff serait, d’après Lecart, un nom ouoloff donné à un Polygala. M. le professeur Heckel dit qu’il est utilisé au Sénégal et au Soudan contre la morsure des serpents. On le préconise également contre la blennorragie. On se sert particulièrement de la racine en macération et en infusion. Cette dernière racine est caractérisée par une pénétrante odeur qui ressemble un peu à celle du jasmin. D’après E. Heckel, cette odeur serait vraisemblablement due à l’éther méthylsalicylique, dont la présence a été récemment constatée par M. Bourquelot dans plusieurs espèces du genre Polygala.

Le Sendiègne est un petit arbuste très commun dans toute cette région. Les indigènes vantent ses propriétés antiblennorragiques. Ce végétal nous a paru être une légumineuse. On fait avec la racine pilée ou concassée des infusions et des tisanes qui sont regardées absolument comme souveraines contre la blennorragie. Cette plante est très connue des marabouts et des forgerons, et on la trouve sur le marché de Kayes, au Soudan, aussi bien que sur celui de Saint-Louis, au Sénégal.

Le Bakis (Tinospora Bakis, Miers), Ménispermacées, très commun au Sénégal dans la province du Cayor, est au contraire relativement rare au Soudan. Je ne l’y ai guère reconnu que dans les environs de Kayes, non loin du petit village de Goundiourou. Dans la Haute-Gambie, je l’ai rencontré en assez grande quantité dans le pays des Coniaguiés. Elle affectionne particulièrement les terrains sablonneux. C’est une plante grimpante, à feuilles alternes. Inflorescence en grappes. Calice à six sépales. Corolle à six pétales. Six étamines, trois carpelles. Le fruit est une drupe. La racine est excessivement amère. On la trouve dans les officines des marchands indigènes, sur tous les marchés de Saint-Louis, Dakar, Gorée, Rufisque, Kayes. Les noirs utilisent ses propriétés toniques, diurétiques et fébrifuges. Ils l’emploient surtout contre la fièvre bilieuse simple ou rémittente à laquelle ils sont aussi sujets que l’Européen. Ils en font des décoctions, des macérations, et son usage est particulièrement fréquent chez les peuples d’origine ouolove et sérère. Elle est aussi préconisée contre les écoulements blennorragiques.

L’Herbe au diable (Datura tatula, L.), de la famille des Solanacées, croît en grande quantité dans le sud de nos possessions soudaniennes. Elle affectionne particulièrement les endroits humides et à l’abri des rayons du soleil. Elle acquiert, dans ces régions, des proportions surprenantes. C’est une plante annuelle, feuilles ovales oblongues, tige dressée, fleurs axillaires de couleur violacée, ovaire à quatre loges. Le fruit est une capsule couverte de piquants, graines noires.

Je ne crois point que les indigènes connaissent les propriétés thérapeutiques de l’herbe-au-diable. Les feuilles de ce végétal renferment un principe actif qui est un narcotique puissant, la daturine. A dose élevée, il est toxique. On le regarde comme plus efficace contre l’asthme que le Datura stramonium, L.

Le Khoss (Nauclea inermis, H. Bn.) est un bel arbre qui atteint parfois jusqu’à 15 mètres de hauteur. Feuilles ovales, opposées, pétiolées. Inflorescence capituliforme. Bractées persistantes, calice à cinq divisions gamosépale, corolle blanche tubulaire exhalant une odeur agréable, cinq étamines libres, ovaire infère. Le fruit est une capsule loculicide. Graines ailées.

L’écorce et les feuilles, employées en décoction, macération et tisane, sont, paraît-il, fébrifuges. On les emploierait également avec avantage contre les douleurs de l’enfantement.

Le Bois-Ortolan (Jatropha gossypifolia, L.), Euphorbiacées, est une plante herbacée à feuilles alternes, stipulées. Fleurs monoïques, inflorescence en cymes, cinq sépales, cinq pétales. Étamines en nombre variable, dix à douze ; ovaire à trois loges. Le fruit est une capsule. C’est une des plantes les plus usitées dans la pharmacopée des indigènes. Les graines sont purgatives, l’écorce est réputée antiblennorragique, et les feuilles sont couramment employées en tisane contre la colique. Dans cette dernière affection, le bois-ortolan réussirait à merveille. C’est pourquoi on lui a donné souvent le nom d’Herbe au mal de ventre.

La Cléome (Cleome pentaphylla, L.), Capparidacées, est très commune dans tout le Soudan. Ses feuilles sont comestibles et passent pour jouir des mêmes propriétés antiscorbutiques que le cresson et le cochléaria.

Le Bentamaré (Cassia occidentalis, L.) est une légumineuse césalpiniée. Cette plante est connue sous le nom de café nègre et d’herbe puante. Elle croît surtout dans les terrains élevés et jouit d’une grande faveur dans la thérapeutique indigène. C’est une plante facile à reconnaître. Elle est buissonneuse. Fleurs jaunes. Le fruit est une gousse. On la trouve également à la Martinique, où les noirs emploient ses feuilles bouillies contre les maladies de peau. Ses graines, torréfiées, sont employées en infusion contre les fièvres intermittentes. Sa racine est diurétique et purgative. Ses graines, torréfiées et réduites en poudre, servent à frauder le café, d’où le nom de café nègre qu’on lui donne parfois.