L’Acacia tomentosa, Wild. (Neb-Neb des Ouolofs) se distingue du précédent par son fruit surtout. C’est comme celui du précédent une gousse, mais, quand il est arrivé à maturité, il est couvert d’un duvet abondant. De plus, les ramuscules et les pétioles sont pubescents. On le trouve presque uniquement dans le Bondou et le Ferlo-Bondou.

L’Acacia Seyal, Del. est un arbre de moyenne taille. Écorce brun rougeâtre ou blanc laiteux. Les rameaux sont munis de grandes épines d’un blanc laiteux. Feuilles glabres longuement pétiolées. Deux épines à la base du pétiole. Pétioles secondaires portant de huit à vingt paires de folioles. Fleurs en capitules pédonculés. Pétales plus longs que le calice. Le fruit est une gousse falciforme. On le rencontre particulièrement dans le Kalonkadougou, le Gamon et le Badon. Il donne une gomme de qualité inférieure.

L’Acacia astringens, Cunning, ou Adansonii, Guill. et Perr. (Gonakié) est un arbre de 10 à 12 mètres de hauteur, très commun dans toute la partie nord du bassin de la Gambie. Il donne une gomme dite gomme de gonakié, rouge, et qui est peu estimée dans le commerce. Il en est de même de la gomme du Khadd (Acacia albicans, Kunth.) et de celle des acacias Néboueb et fasciculata. Ces deux dernières variétés se rencontrent surtout dans le Gamon, le Badon et le sud du Bondou. La première est surtout commune dans le Dentilia et le Tenda.

Gomme de Kellé. — Il existe encore dans le Bondou notamment, le Bambouck et les pays avoisinants, un sorte de gomme que les Toucouleurs nomment Kellé, et les Malinkés Kelli. D’après les renseignements que nous avons pu nous procurer à son sujet, ce ne serait pas, à proprement parler, une gomme véritable. Ses caractères la rapprocheraient davantage de la gutta-percha. Il nous a été impossible de nous en procurer. Les indigènes lui attribuent, en effet, des propriétés remarquables. D’après eux, tout noir qui posséderait dans sa case un fragment de kellé serait assuré de voir tout lui réussir et d’acquérir une grosse fortune. Aussi, quand ils en possèdent, ils la cachent précieusement, avec un soin jaloux. De même, quand ils connaissent l’existence quelque part d’un échantillon du végétal qui la produit, ils se gardent bien d’en faire part à qui que ce soit. Je n’ai jamais pu le voir. Quoi qu’il en soit, cette plante est très rare et est regardée comme fétiche dans toutes les régions où on la rencontre. On trouverait aussi, paraît-il, la gomme de kellé au Gabon.

Gomme d’anacarde. — L’écorce du tronc de l’anacarde (Anacardium occidentale, L.), Térébinthacées, dont nous avons déjà eu à parler au cours de ce mémoire, laisse exsuder une résine jaune, dure, désignée sous le nom de gomme d’anacarde. Les Anglais l’appellent Cashew-Gum. Elle est soluble dans l’eau et employée aux mêmes usages que la gomme arabique.

L’écorce du Ben ailé (Moringa pterygosperma, Gærtn), Capparidacées, laisse également exsuder une gomme qui se gonfle dans l’eau et passe pour être abortive.

Le Bois à cochon (Symphonia globulifera) produit un suc résineux qui sert à goudronner les cordages et les navires et à faire des torches.

Le Niattout (Bdellium africana, H. Bn., Balsamodendron africanum, Arn.), Burséracées, est un arbrisseau de 3 à 4 mètres de hauteur, à feuilles alternes, imparipennées, trifoliées. Fleurs petites, rougeâtres, axillaires, hermaphrodites ; calice tubuleux à quatre dents, persistant ; corolle à quatre pétales linéaires ; huit étamines libres ; ovaire libre biloculaire, biovulé. Le fruit est un drupe sec, pisiforme, à un noyau, à exocarpe se séparant en deux valves.

Cet arbuste produit le Bdellium d’Afrique, gomme-résine dont les Maures se servent parfois pour frauder la gomme qu’ils apportent à nos escales. Ils lui donnent le nom de Mounass. Cette introduction du bdellium n’est, du reste, qu’accidentelle, car il communique à la gomme qui avoisine ses fragments une odeur spéciale qui la ferait rejeter tout au moins pour les emplois en pharmacie et en confiserie. Le bdellium se présente sous l’aspect de morceaux d’un gris jaunâtre, rougeâtre ou verdâtre, à cassure terne, cireuse, d’une odeur balsamique pénétrante et d’une saveur amère.

Les Maures s’en servent, ainsi que les noirs, comme parfum, et en font brûler fréquemment sous leurs tentes ou dans l’intérieur de leurs cases pour en chasser les « mauvaises maladies » (sic). Il renferme de la gomme, de la résine, de l’huile volatile, etc., etc. Il était autrefois employé comme excitant. Il est aujourd’hui complètement délaissé et n’entre plus que dans l’emplâtre de Vigo.