DESCRIPTION
DU MONT-SAINT-MICHEL

INTRODUCTION

E majestueux rocher qui s’élève au milieu des grèves immenses, bornées du nord au sud par les côtes de la Normandie et de la Bretagne et au nord-ouest par la mer, fut nommé le Mont-Saint-Michel dès le huitième siècle. L’obscurité qui couvre ses origines historiques est trop profonde pour que les récits des annalistes anciens et modernes puissent être rappelés, même à l’état de légendes. Il ne reste sur l’antique rocher aucune construction remontant plus haut que le onzième siècle et, par conséquent, aucune preuve de l’existence d’édifices qui y auraient été élevés antérieurement à cette époque. Cependant, comme il est intéressant de conserver les anciennes traditions, nous redirons d’après elles que saint Aubert, évêque d’Avranches, averti par plusieurs songes miraculeux, fonda en 708 la première église élevée à saint Michel sur le rocher du mont de Tombe qui se nomma dès lors le Mont-Saint-Michel. Ce premier oratoire avait la forme d’une grotte et pouvait contenir environ cent personnes à l’exemple de celui que saint Michel, toujours suivant la légende, aurait creusé lui-même dans le roc du mont Gargan. Après avoir consacré sa chapelle en 709, saint Aubert établit un collège de douze clercs ou chanoines. Le modeste monastère acquit bientôt une grande célébrité qui ne fit que s’accroître jusqu’au dizième siècle. A la fin du même siècle, Richard-sans-Peur, fils de Guillaume Longue-Épée et petit-fils de Rollon, remplaça les successeurs des chanoines de saint Aubert par des religieux bénédictins, et dans les premières années du onzième siècle, en 1020, Richard II, duc de Normandie, fonda l’église dont il reste encore aujourd’hui les transepts et quatre travées de la nef.

Nous entrons maintenant dans le domaine des faits historiques dont les preuves sont fournies par les monuments eux-mêmes qui subsistent encore presque tout entiers, et qui sont les documents lapidaires de l’histoire du Mont-Saint-Michel et les magnifiques témoignages de sa grandeur passée.