La salle des Gardes est voûtée et son architecture, simple et sévère, est conforme à sa destination; elle est éclairée à l’est par une fenêtre surmontée d’un oculus. Dans la deuxième travée au sud, une petite porte s’ouvre sur un escalier, pratiqué dans l’épaisseur du mur, qui monte à un des étages de la tour Perrine, à la chambre des Portiers et, par des détours, à la grande salle au-dessus. Dans la troisième travée au sud se trouve le passage oblique conduisant à la cour de l’église.

La salle des Gardes a été modifiée au quinzième siècle par Pierre Le Roy qui, après la construction du châtelet et de la courtine adjacente, perça une porte et une poterne dans la face nord sur la cour de la Merveille, nouvelle entrée du bâtiment projeté dont la courtine était la façade à l’est. Cet abbé construisit aussi la grande cheminée en face de la porte d’entrée de la salle des Gardes.

Au-dessus se trouve la grande salle, dite du Gouvernement, qui servait de lieu de réunion aux officiers de la garnison; elle communique avec la salle des Gardes par un petit escalier intérieur et détourné, avec la tour Perrine, l’église basse et les bâtiments abbatiaux. Elle est éclairée

Fig. 164.—Tour Perrine.—Façade sud et coupe.

au nord et au sud par des fenêtres géminées dont une, au sud, a été bouchée à moitié par la tour Perrine, accolée à Belle-Chaise sans aucune liaison. Sur la face est s’ouvrent quatre fenêtres longues et étroites, encadrées extérieurement par des colonnettes supportant des arcatures reproduites intérieurement. On voit à l’extrémité ouest les soubassements de la chapelle absidale du chœur du quinzième siècle, lequel, bâti après Belle-Chaise, est venu la pénétrer pour se fonder sur le rocher qui forme une partie du sol de la salle.

Pierre Le Roy, un des plus grands abbés du Mont, fit faire de son temps de nombreux travaux sur plusieurs points du monastère; il modifia l’entrée de l’abbaye et compléta ses défenses extérieures. Il fit construire la tour carrée: «De l’autre côté de Belle-Chaise joignant icelle il fit bastir la tour quarrée qu’on nomme la Perrine, nom dérivé de cet abbé Pierre, et, tant dans cette tour que dans le dongeon, il y fit accomoder plusieurs petites chambres pour la demeure de ses soldats, car il estoit aussy capitaine de ce Mont.»

III
TOUR PERRINE

a tour, appelée Perrine, du nom de son auteur et parrain, Pierre Le Roy, fut élevée pendant les dernières années du quatorzième siècle, dans l’angle rentrant des bâtiments construits vers 1250 par Richard Tustin; sa face ouest est soudée avec les bâtiments abbatiaux, mais sa face nord est simplement accolée au côté sud de Belle-Chaise sans s’y relier ([fig. 164]).