PUCELLE.
En armes je ne me congnois,
Ne m’appartient la congnoissance,
Ainsi que vous le povez vois;
Et en moy n’est pas la puissance,
Ne ne treuve nulle apparence
D’aller devers le cappitaine
Lui raconter vostre ordonnance:
C’est que devers le Roy me maine.
MICHEL.
Amye, y le fault ainsi
Le faire, que Dieu le commande.
N’ayez de riens peur ne soucy,
Quand de par moy y le vous mande.
PUCELLE.
La chose, sachez, est si grande
Qu’i n’est nul qui le peust pencer,
Ne en moy n’est sens qui se tende
A savoir cecy propencer.
MICHEL.
Fille, acomplissez la chose
Et Dieu sera avecques vous,
Qui vous gardera, comme une rose,
De polucion contre tous.
Ayez en luy ferme propoux
Et le faictes de bon coraige.
Y vous aidera, et n’ayez poux
De tout dangier et tout dommaige.
PUCELLE.
A Dieu je vouldroye obeyr
Comme je doy et est raison,
Et très humblement le servir,
A mon povoir sans mesprison;
Et tousjours, en toute saison,
Vueil estre sa povre servante,
Actendant sa vraye maison
Lassus ou ciel, où est m’entente.