2o C’est reconnaître à l’État le droit de dissoudre et d’expulser, de spolier les Congrégations, c’est-à-dire des communautés d’hommes et de femmes réunis pour suivre une règle qui ne trouble en rien l’ordre social et pour prier en commun.

3o C’est reconnaître à l’État le droit d’imposer aux enfants une instruction et une éducation athées dans ses écoles.

Vraiment, on se demande si l’on rêve lorsqu’on voit des gens qui se croient bons catholiques assumer une pareille responsabilité devant Dieu, sous prétexte d’éviter un plus grand mal ! Comme si le pire des maux n’était pas d’ouvrir la brèche par où la horde en révolte contre la loi divine investirait le Temple et en souillerait le Parvis.


Tout de même, une multitude de fidèles n’admettent pas cette tactique aberrante d’où ne résulterait que le déshonneur de l’Église. Ils ont interrogé leur conscience et elle leur a dit que les pauvres ruses — d’ailleurs éventées par l’ennemi — où s’égare le libéralisme n’étaient pas de nature à nous attirer les bénédictions de la Providence. Pleins de tristesse et d’anxiété, ils se sont alors tourné vers les chefs de la hiérarchie catholique et ils leur ont demandé ce qu’il fallait faire.

La réponse est venue.

Le 10 Mars 1925, une assemblée des Cardinaux et Archevêques de France a formulé une déclaration dont voici les passages essentiels :

1o Les lois de laïcité sont injustes d’abord parce qu’elles sont contraires aux droits formels de Dieu. Elles procèdent de l’athéisme et y conduisent dans l’ordre individuel, familial, social, politique, national, international. Elles supposent la méconnaissance totale de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de son Évangile. Elles tendent à substituer au vrai Dieu des idoles (la liberté, la solidarité, l’humanité, la science, etc.) ; à déchristianiser toutes les vies et toutes les institutions. Ceux qui en ont inauguré le règne, ceux qui l’ont affermi, étendu, imposé, n’ont pas eu d’autre but. De ce fait, elles sont l’Œuvre de l’impiété, qui est l’expression de la plus coupable des injustices, comme la religion catholique est l’expression de la plus haute justice.

Exposant ensuite la tactique de compromission adoptée par les libéraux, la déclaration ajoute :

Cette tactique laisse les lois debout. A supposer qu’un ministère ou plusieurs ministères n’en usent qu’avec bienveillance, ou même cessent d’en user contre les catholiques, il dépendra d’un nouveau gouvernement de les tirer de l’oubli, de leur rendre leur vigueur et leur efficacité. Danger qui n’est pas imaginaire, car de notre temps le pouvoir passe continuellement d’un parti relativement tolérant à un parti extrême. Il suffit que le premier se soit montré un peu conciliant pour que le second, par réaction, ne garde, à notre endroit, aucun ménagement. Depuis des années, nous assistons à ce flux et à ce reflux de la persécution religieuse qui, au fond, s’est toujours aggravée. Elle habitue les esprits, fussent-ils sincèrement catholiques, à regarder comme justes, comme compatibles avec la religion les lois de laïcité ; elle favorise ces hommes qui, oscillant perpétuellement entre le laïcisme et le catholicisme, sont prêts à toutes les concessions pour gagner des voix à droite et à gauche, pour entrer dans un ministère, et n’essayant que d’atténuer quelques effets du laïcisme, en laissent subsister le principe, et en pratique lui sacrifient à peu près complètement le catholicisme. On dira qu’une attitude de conciliation nous a valu quelques faveurs particulières. Petits avantages quand on songe à l’immense courant d’erreur et de mal qui envahit les âmes et les entraîne à l’apostasie ! Petits avantages qui nous enchaînent et nous empêchent de réagir contre nos adversaires !