Pour l’Église, dont tu te glorifies d’être membre, tu peux être assuré que tu la soutiendras mieux, que tu la consoleras davantage par des communions fréquentes que par tant de démarches et de discours où tu essaies périlleusement de concilier ce que tu nommes « les obligations mondaines » et les préceptes de l’Évangile.
Songe encore qu’en t’unissant, par l’Eucharistie, à la Passion du Sauveur, tu étanches un peu le sang de ses plaies, et alors tu n’hésiteras pas à t’augmenter de Jésus comme il s’est augmenté de toi…
Et enfin, on se trouve si bien de suivre cette petite messe de l’aurore à laquelle n’assistèrent guère que des âmes vraiment intérieures ! Il se forme, de ces prières faites en commun, dans le calme du premier matin, de cet humble banquet à la Sainte Table, une atmosphère de grâces qui rend l’esprit paisible et joyeux pour toute la journée.
L’union de ces quelques âmes, à la première messe, les rend plus allègres à servir Jésus ! Tout seul pour prier, l’on défaillerait peut-être, surtout lorsque notre faiblesse nous incline aux distractions. Dix ou douze, on s’étaie — on se relaie pour aider le Seigneur à porter sa croix…
Ne pensait-il pas à des messes de ce genre, saint Jean Chrysostôme quand il disait :
« La foi est semblable au feu. Plusieurs lampes jointes ensemble font une grande lumière ; et plusieurs fidèles réunis ensemble font une foi plus vive et plus éclairée. Un chrétien seul, parmi des gens qui n’ont point de foi, est semblable à une lampe solitaire parmi les ténèbres ; mais lorsque nous nous trouvons dans la compagnie de nos frères, nous sentons une joie et une consolation ineffables…[6] »
[6] Troisième sermon sur l’Épître aux Romains.
Parce que les lampes brillent toutes ensemble.
Chrétien, tu avoueras, tout de même, qu’un tel bénéfice à obtenir vaut bien qu’on lui consacre trente-cinq minutes chaque matin ?
Il est, d’ailleurs, à remarquer que si l’on a pris l’habitude de la communion fréquente, elle nous devient si nécessaire qu’on se trouve mal à l’aise, même physiquement, quand, par cas fortuit, on fut obligé de s’abstenir. Alors on se répète en soupirant le verset du psaume 101 :