« Je suis comme l’herbe foulée ; mon cœur se dessèche parce que j’ai négligé de manger mon Pain. »

Et comme la hâte vous vient d’être au lendemain pour absorber de nouveau cette nourriture essentielle !

Huysmans me disait une fois :

— Si je suis quelque temps sans communier, je me sens tout mal fichu…

Que d’autres en pourraient dire autant !

Remarquons encore que la messe n’est, en somme, qu’une préparation à communier et que si nous ne le faisons, les effets du Saint-Sacrifice sur notre âme demeurent incomplets. Car l’Eucharistie agit sur nous comme le soleil au printemps sur les plantes engourdies par un long hiver. Elle ressuscite, elle stimule la sève des vertus capitales ; elle développe, comme un délicat feuillage, nos bonnes pensées ; elle fait éclore ces fleurs dont nous ne nous doutions pas auparavant : les roses de l’Amour ; elle éclaire et réchauffe la région la plus secrète de notre âme ; celle où la Grâce s’enracine : le subconscient.

Surtout, l’Eucharistie nous donne la paix du Christ, la paix divine qui doit nous rendre à son Image, doux et humbles de cœur à travers les angoisses, les souffrances et les dégoûts dont le monde abreuve les amoureux de Jésus.

Tous les mots de la messe portent une auréole. Mais il n’en est pas qui brillent d’un éclat plus suave et plus impérieux à la fois que ceux par lesquels nous demandons la paix du Seigneur.

C’est qu’ils expriment, d’une façon décisive, le besoin que nous ressentons d’arracher leurs armes à ces hordes tumultueuses de péchés qui, sans la prière, sans l’aide de la Vierge et des Saints, perpétueraient la guerre civile dans le royaume de notre âme.

Je retiens, plus particulièrement, l’adorable oraison qu’on ne peut guère réciter, en union avec le célébrant, sans que les larmes vous viennent aux yeux :