Seigneur Jésus-Christ, toi qui as dit à tes Apôtres : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix », ne regarde pas mes péchés mais la foi de ton Église ; elle-même, daigne la pacifier et l’unir selon ta sainte volonté.

Réversion splendide : Tu pries pour que l’Église te soutienne, l’Église prie pour que tu obtiennes d’être digne de la soutenir. En même temps, la Sainte Vierge et les Saints prient pour que Jésus accorde à l’Église et à ton âme la grâce de la paix vivifiante.

Ensuite, tu n’as plus qu’à attendre, en t’humiliant et en adorant, que ton Dieu descende en toi…

Maintenant tu as communié dans la paix et tu commences ton action de grâces.

Passé le moment de crainte où tu as reçu ton Dieu, quoique tellement indigne, un élan de toute ton âme l’emporte vers l’adoration et l’amour.

Un bon prêtre, à qui je servais quelquefois la messe au Carmel de Lourdes, me dit un jour, spontanément : — Quand vous avez communié, prenez le mot latin : ARDOR et bâtissez votre action de grâces autour de la sorte : A, adoration ; R, remerciement ; D, demandes ; O, offrande ; R, résolutions.

J’ai appliqué la méthode ; et voici ce qu’elle m’a valu.

L’acte d’adoration, c’est comme si l’on se voyait tout petit et tout obscur en présence d’une incommensurable lumière. Peu à peu, à mesure qu’on lui soumet son néant, elle se rapproche, vous environne, vous pénètre et dépose en vous une flamme qui ne s’éteindra plus.

L’acte de remerciement, c’est, d’abord, une source jaillissant, en un jet mince, d’un orifice étroit. Puis, sous la poussée de la reconnaissance, elle grossit sans cesse et finit par déborder en une large nappe qui submerge les rives. Et maintenant, elle est un fleuve qui s’étale, qui hâte ses flots et qui miroite sous le soleil de la Grâce. Le courant devient si fort qu’on n’a pas le temps de formuler de longues phrases. Les exclamations jaculatoires s’échappent impétueusement de notre bouche et notre âme entière s’y déverse.

L’acte de demandes : on suit Jésus, on prend un pli de son manteau pour y imprimer un respectueux baiser, afin que la vertu qui émane du Maître entre en vous par ce contact. On Lui dit : — Seigneur, je ne puis rien par moi-même et j’ai tellement besoin de ton secours ! Accorde-le-moi, maintenant que je te touche. Octroie-le-moi pour le bien de mon âme, pour le soulagement de ce malade, pour le salut de cette âme en péril, pour le repos éternel de ce défunt à l’intention de qui, j’ai communié. Dis seulement une parole et toutes les Malices s’enfuiront qui cherchaient à m’égarer loin de Toi… Si toutefois il n’entre pas dans tes desseins de m’exaucer aujourd’hui, fais que j’accepte cette épreuve comme un gage de ta tendresse.