Porthos hésita.
— Vous trouvez qu’elle n’est pas assez belle? dit le mousquetaire. Je vous comprends; un grand seigneur comme vous ne va pas loger chez un ancien serviteur sans payer grassement l’hospitalité; mais, croyez-moi Planchet a un si bon cœur, qu’il ne remarquera pas que vous avez cent mille livres de rente.
— J’ai bien envie, dit Porthos gonflé par ce discours, de donner à Mme Trüchen ma petite métairie de Bracieux; c’est aussi une jolie bague au doigt... douze arpents.
— C’est trop, mon bon Porthos, trop pour le moment... Gardez cela pour plus tard.
Il lui ôta le diamant du doigt, et, s’approchant de Trüchen:
— Madame, dit-il, M. le baron ne sait comment vous prier d’accepter, pour l’amour de lui, cette petite bague. M. du Vallon est un des hommes les plus généreux et les plus discrets que je connaisse. Il voulait vous offrir une métairie qu’il possède à Bracieux; je l’en ai dissuadé.
— Oh! fit Trüchen dévorant le diamant du regard.
— Monsieur le baron! s’écria Planchet attendri.
— Mon bon ami! balbutia Porthos, charmé d’avoir été si bien traduit par d’Artagnan.
Toutes ces exclamations, se croisant, firent un dénouement pathétique à la journée, qui pouvait se terminer d’une façon grotesque.