— Duchesse, voici pourquoi: c’est qu’après les cinq cent mille livres, M. de Laicques demandera sa part, qui sera aussi de cinq cent mille livres, n’est-ce pas? c’est qu’après la part de M. de Laicques et la vôtre viendront la part de vos enfants, celle de vos pauvres, de tout le monde, et que des lettres, si compromettantes qu’elles soient, ne valent pas trois à quatre millions. Vrai Dieu! duchesse, les ferrets de la reine de France valaient mieux que ces chiffons signés Mazarin, et pourtant ils n’ont pas coûté le quart de ce que vous demandez pour vous.

— Ah! c’est vrai, c’est vrai; mais le marchand prise sa marchandise ce qu’il veut. C’est à l’acheteur d’acquérir ou de refuser.

— Tenez, duchesse, voulez-vous que je vous dise pourquoi je n’achèterai pas vos lettres?

— Dites.

— Vos lettres de Mazarin sont fausses.

— Allons donc!

— Sans doute; car il serait pour le moins étrange que, brouillée avec la reine par M. Mazarin, vous eussiez entretenu avec ce dernier un commerce intime; cela sentirait la passion, l’espionnage, la... ma foi! je ne veux pas dire le mot.

— Dites toujours.

— La complaisance.

— Tout cela est vrai; mais, ce qui ne l’est pas moins, c’est ce qu’il y a dans la lettre.