Chapitre CLXXXV — La Fontaine négociateur

Fouquet serra la main de La Fontaine avec une charmante effusion...

— Mon cher poète, lui dit-il, faites-nous cent autres contes, non seulement pour les quatre-vingts pistoles que chacun d’eux rapportera, mais encore pour enrichir notre langue de cent chefs-d’œuvre.

— Oh! oh! dit La Fontaine en se rengorgeant, il ne faut pas croire que j’aie seulement apporté cette idée et ces quatre-vingts pistoles à M. le surintendant.

— Oh! mais, s’écria-t-on de toutes parts, M. de La Fontaine est en fonds aujourd’hui.

— Bénie soit l’idée, si elle m’apporte un ou deux millions, dit gaiement Fouquet.

— Précisément, répliqua La Fontaine.

— Vite, vite! cria l’assemblée.

— Prenez garde, dit Pélisson à l’oreille de La Fontaine, vous avez eu grand succès jusqu’à présent, n’allez pas lancer la flèche au-delà du but.

— Nenni, monsieur Pélisson, et, vous qui êtes un homme de goût, vous m’approuverez tout le premier.