Et il étendait la main vers le fond du puits.

— Quelle lettre? demanda la nourrice.

— Cette lettre que vous voyez là-bas, c’est la dernière lettre de la reine.

À ce mot je tressaillis. Mon gouverneur, celui qui passait pour mon père, celui qui me recommandait sans cesse la modestie et l’humilité, en correspondance avec la reine!

— La dernière lettre de la reine? s’écria dame Perronnette sans paraître étonnée autrement que de voir cette lettre au fond du puits. Et comment est elle là?

— Un hasard, dame Perronnette, un hasard étrange! Je rentrais chez moi; en rentrant, j’ouvre la porte; la fenêtre de son côté était ouverte; un courant d’air s’établit; je vois un papier qui s’envole, je reconnais que ce papier, c’est la lettre de la reine; je cours à la fenêtre en poussant un cri; le papier flotte un instant en l’air et tombe dans le puits.

— Eh bien! dit dame Perronnette, si la lettre est tombée dans le puits, c’est comme si elle était brûlée, et, puisque la reine brûle elle-même toutes ses lettres, chaque fois qu’elle vient...

Chaque fois qu’elle vient! Ainsi cette femme qui venait tous les mois, c’était la reine? interrompit le prisonnier.

— Oui, fit de la tête Aramis.

— Sans doute, sans doute, continua le vieux gentilhomme, mais cette lettre contenait des instructions. Comment ferai-je pour les suivre?