— Molière.

— Ah! oui, Molière, Molière. Et, comme la peur d’être mesuré me tenait toujours: «Prenez garde, lui ai-je dit, à ce que vous m’allez faire; je suis fort chatouilleux, je vous en préviens.» Mais lui, de sa voix douce car c’est un garçon courtois, mon ami, il faut en convenir, mais lui, de sa voix douce: «Monsieur, dit-il, pour que l’habit aille bien, il faut qu’il soit fait à votre image. Votre image est exactement réfléchie par le miroir. Nous allons prendre mesure sur votre image.»

— En effet, dit d’Artagnan, vous vous voyiez au miroir; mais comment a-t-on trouvé un miroir où vous pussiez vous voir tout entier?

— Mon cher, c’est le propre miroir où le roi se regarde.

— Oui; mais le roi a un pied et demi de moins que vous.

— Eh bien, je ne sais pas comment cela se fait c’était sans doute une manière de flatter le roi, mais le miroir était trop grand pour moi. Il est vrai que sa hauteur était faite de trois glaces de Venise superposées et sa largeur des mêmes glaces juxtaposées.

— Oh! mon ami, les admirables mots que vous possédez là! Où diable en avez-vous fait collection?

— À Belle-Île. Aramis les expliquait à l’architecte.

— Ah! très bien! Revenons à la glace, cher ami.

— Alors, ce brave M. Volière...