— Reposez-vous, je vous prie; voilà tout ce que j’ai à vous dire.
Fouquet se mordit les lèvres et baissa la tête. Il couvait évidemment quelque pensée inquiète.
Cette inquiétude gagna le roi.
— Est-ce que vous êtes fâché d’avoir à vous reposer, monsieur Fouquet? dit-il.
— Oui, Sire, je ne suis pas habitué au repos.
— Mais vous êtes malade; il faut vous soigner.
— Votre Majesté me parlait d’un discours à prononcer demain?
Le roi ne répondit pas; cette question brusque venait de l’embarrasser.
Fouquet sentit le poids de cette hésitation. Il crut lire dans les yeux du jeune prince un danger qui précipiterait sa défiance.
«Si je parais avoir peur, pensa-t-il, je suis perdu.»