Le roi, de son côté, n’était inquiet que de cette défiance de Fouquet.

— A-t-il éventé quelque chose? murmurait-il.

«Si son premier mot est dur, pensa encore Fouquet, s’il s’irrite ou feint de s’irriter pour prendre un prétexte, comment me tirerai-je de là? Adoucissons la pente. Gourville avait raison»

— Sire, dit-il tout à coup, puisque la bonté du roi veille à ma santé à ce point qu’elle me dispense de tout travail, est-ce que je ne serai pas libre du conseil pour demain? J’emploierais ce jour à garder le lit, et je demanderais au roi de me céder son médecin pour essayer un remède contre ces maudites fièvres.

— Soit fait comme vous désirez, monsieur Fouquet. Vous aurez le congé pour demain, vous aurez le médecin, vous aurez la santé.

— Merci, dit Fouquet en s’inclinant.

Puis, prenant son parti:

— Est-ce que je n’aurai pas, dit-il, le bonheur de mener le roi à Belle-Île, chez moi?

Et il regardait Louis en face pour juger de l’effet d’une pareille proposition.

Le roi rougit encore.