Encore un pas, et il allait descendre l’escalier de la terrasse pour rentrer dans le donjon, prendre son carrosse à treillis, et marcher vers la maison de Fouquet.

Mais le hasard voulut que, au moment de se replonger dans l’escalier, il fût attiré par un point mouvant qui gagnait du terrain sur cette route.

«Qu’est cela? se demanda le mousquetaire. Un cheval qui court, un cheval échappé sans doute; comme il détale!»

Le point mouvant se détacha de la route, et entra dans les pièces de luzerne.

«Un cheval blanc, continua le capitaine, qui venait de voir la couleur ressortir lumineuse sur le fond sombre, et il est monté; c’est quelque enfant dont le cheval a soif, et l’emporte vers l’abreuvoir en diagonale.»

Ces réflexions, rapides comme l’éclair, simultanées avec la perception visuelle, d’Artagnan les avait déjà oubliées quand il descendit les premières marches de l’escalier.

Quelques parcelles de papier jonchaient les marches et étincelaient sur la pierre noircie des degrés.

«Eh! eh! se dit le capitaine, voici quelques-uns des fragments du billet déchiré par M. Fouquet. Pauvre homme! il avait donné son secret au vent; le vent n’en veut plus et le rapporte au roi. Décidément, pauvre Fouquet, tu joues de malheur! la partie n’est pas égale; la fortune est contre toi. L’étoile de Louis XIV obscurcit la tienne; la couleuvre est plus forte ou plus habile que l’écureuil.»

D’Artagnan ramassa un de ces morceaux de papier toujours en descendant.

— Petite écriture de Gourville!! s’écria-t-il en examinant un des fragments du billet, je ne m’étais pas trompé.