Le Corps législatif proposa alors que tous les employés de la République, quels qu'ils fussent, laissassent aux indigents la moitié de leur solde. Cirillo, qui avait abandonné tout ce qu'il possédait d'argent comptant, renonça à la moitié de son traitement comme membre du Corps législatif; tous ses collègues suivirent son exemple. On donna à chaque quartier de Naples des chirurgiens et des médecins qui devaient assister gratuitement tous ceux qui réclameraient leur secours.

La garde nationale eut la responsabilité de la tranquillité publique.

Avant son départ, Macdonald avait distribué des armes et des drapeaux. Il avait nommé pour général en chef ce même Bassetti que nous avons vu revenir battu et blessé par Mammone et Fra-Diavolo; pour second, Gennaro Ferra, frère du duc de Cassano; pour adjudant général, Francesco Grimaldi.

Le commandant de la place fut le général Frederici; le gouvernement du Château-Neuf resta au chevalier Massa, mais celui du château de l'Œuf fut donné au colonel L'Aurora.

Un corps de garde fut établi dans chaque quartier; des sentinelles furent placées de trente pas en trente pas.

Le 7 juin, le général Writz fit arrêter tous les anciens officiers de l'armée royale qui se trouvaient à Naples et qui avaient refusé de prendre du service pour la République.

Le 9, à huit heures du soir, on tira les trois coups d'alarme. Aussitôt, selon l'ordre donné, tous ceux qui n'étaient sur les contrôles ni de la garde nationale, ni d'aucune société patriotique, se retirèrent dans leurs maisons et fermèrent portes et fenêtres.

Au contraire, la garde nationale et les volontaires s'élancèrent dans la rue de Tolède et sur les places publiques.

Manthonnet, redevenu ministre de la guerre, les passa en revue avec Writz et Bassetti, remis de sa blessure, au reste peu dangereuse. Ce dernier les complimenta sur leur zèle, leur déclara qu'au point où l'on en était arrivé, il n'y avait plus que deux partis à prendre: vaincre ou mourir. Après quoi, il les congédia, leur disant que les trois coups de canon d'alarme n'avaient été tirés que pour connaître le nombre des hommes sur lesquels on pouvait compter à l'heure du danger.

La nuit fut tranquille. Le lendemain, au point du jour, on tira le coup de canon qui indiquait que chacun pouvait sortir librement par la ville, aller où il voudrait et vaquer à ses propres affaires.