Une satisfaction visible se peignit sur les traits du vieillard. Une certaine panique s'était, depuis l'arrestation des deux chefs de la maison, répandue parmi les créanciers. Chacun s'était hâté de réclamer le remboursement de ce qui lui était dû. On avait, en moins de deux mois, fait face à plus de treize millions de traites.
Ce qui aurait renversé toute autre maison, n'avait pas même ébranlé la maison Backer.
—Mon cher Sperling, dit Simon au chef de la comptabilité, pour couvrir les comptes créanciers, vous allez à l'instant même faire préparer des traites sur les débiteurs de la maison pour une somme égale à celle dont nous sommes débiteurs. Ces traites faites, vous les présenterez à André, qui les signera, ayant la signature.
Le chef de la comptabilité sortit pour exécuter l'ordre qui lui était donné.
—Dois-je porter tout de suite cette lettre au prince de Tarsia? demanda Klagmann.
—Oui, allez, et revenez le plus vite possible; mais, en route, tâchez de savoir quelque nouvelle de Spronio.
Le fils et le père restèrent seuls, le père dans son cabinet, le fils à la caisse.
—Il serait bon, je crois, mon père, dit André, de faire une circulaire annonçant la liquidation de notre maison.
—J'allais te le dire, mon enfant. Rédige-la; on en fera faire autant de copies qu'il sera nécessaire, ou, mieux encore, on la fera imprimer; de sorte que tu n'auras la peine de signer qu'une fois.
—Économie de temps. Vous avez raison, mon père, il ne nous en reste pas trop.