Puis elle la reconduisit jusqu'à la porte de communication.

Là, elles se séparèrent, et, comme l'avait prophétisé Luisa, pour ne plus se revoir.

Salvato attendait Luisa, Michele avait amené une voiture. Les deux jeunes gens, les bras enlacés et sans avoir eu besoin de se communiquer leur idée, allèrent dire adieu à la chambre heureuse, comme ils l'appelaient; puis ils fermèrent les portes, dont Michele prit les clefs. Salvato et Luisa montèrent dans la voiture; Michele, malgré son bel uniforme, monta sur le siége, et le fiacre roula vers le Château-Neuf.

Quoiqu'il ne fût point encore tard, toutes les portes et toutes les fenêtres étaient fermées, et l'on sentait qu'une profonde terreur planait sur la ville: des hommes, de temps en temps, s'approchaient des maisons, stationnaient un instant et s'enfuyaient effarés.

Salvato remarqua ces hommes, et, inquiet de ce qu'ils faisaient, dit à Michele, en ouvrant la vitre de devant, de tâcher de mettre la main sur un de ces coureurs nocturnes et de s'assurer de ce qu'ils faisaient.

En arrivant au palais Caramanico, l'on aperçut un de ces hommes; sans que la voiture s'arrêtât Michele sauta à terre et bondit sur l'homme.

Il jetait un rouleau de cordes par le soupirail de la cave.

—Qui es-tu? lui demanda Michele.

—Je suis le facchino du palais.

—Que fais-tu?