Cette victoire eut un grand résultat et produisit un grand effet. Tous les habitants du Gargano, du mont Taburne et du Corvino envoyèrent des députations et donnèrent des otages en signe de soumission.

Duhesme envoya à Naples les drapeaux pris à la cavalerie. Quant aux étendards, c'était tout simplement des devants d'autel.

San-Severo pris, il ne restait plus aux bourboniens de position importante qu'Andria et Trani.

Nous avons dit que l'expédition était partie quand Championnet était encore commandant en chef des troupes françaises à Naples; nous avons assisté à son rappel et dit dans quelles conditions il avait été rappelé.

Quelques jours après le combat de San-Severo, Macdonald, ayant été nommé général en chef à la place de Championnet, appela Duhesme près de lui.

Broussier remplaça Duhesme et eut la direction des mouvements qui devaient s'opérer sur Andria et Trani. Il réunit aux 17e et 64e demi-brigades les grenadiers de la 76e, la 16e de dragons, six pièces d'artillerie légère, un détachement venu des Abruzzes sous le commandement du chef de brigade Berger, et la légion napolitaine d'Hector Caraffa, qui brûlait de combattre à son tour, n'ayant point pris part aux derniers événements.

Andria et Trani avaient restauré leurs fortifications, et aux vieux ouvrages qui les défendaient en avaient ajouté de nouveaux; excepté une seule, toutes leurs portes étaient murées, et, derrière chacune d'elles, on avait creusé un large fossé, entouré d'un large parapet; les rues étaient coupées et barricadées, les maisons crénelées, et les portes de ces maisons blindées.

Le 21 mars, on marcha contre Andria. Le lendemain, au point du jour, la ville était enveloppée, et les dragons, sous les ordres du chef de brigade Leblanc, furent placés de manière à interrompre les communications entre Andria et Trani.

Une colonne formée de deux bataillons de la 17e demi-brigade et de la légion Garaffa fut chargée de l'attaque de la porte Camazza, tandis que le général Broussier devait attaquer celle de Trani, et que l'aide de camp du général Duhesme, Ordonneau, guéri de la blessure qu'il avait reçue à l'attaque de Naples, s'avançait par la porte Barra.

Nous avons dit ce qu'était Hector Caraffa, homme de guerre, général et soldat à la fois, mais plus soldat que général, cœur de lion dont le champ de bataille était la véritable patrie. Il prit non-seulement le commandement, mais la tête de sa colonne, saisit d'une main son épée nue, de l'autre la bannière rouge, jaune et bleue, s'avança jusqu'au pied des murailles au milieu d'une grêle de balles, prit avec une échelle la mesure du rempart, la dressa sur le point dont elle atteignait le sommet, et, criant: «Qui m'aime me suive!» il commença, comme un héros d'Homère ou du Tasse, de monter le premier à l'assaut.