Sommés trois fois de se rendre, ils refusèrent trois fois.

On fit venir de l'artillerie et l'on fit crouler la maison sur eux. Tous furent écrasés, mais pas un ne se rendit.

Cette explication, la voici:

Un autel surmonté d'un grand crucifix était dressé sur la place, et, la veille du combat, le Christ, au point du jour, avait été trouvé tenant une lettre à la main. Cette lettre, signée: Jésus, disait que ni les boulets ni les balles des Français n'avaient de pouvoir sur les habitants d'Andria, et annonçait un renfort considérable.

Et, en effet, pendant la soirée, quatre cents hommes du corps qui se réunissait à Bitonto arrivèrent, confirmant la prédiction faite par la lettre de Jésus, et se réunirent aux assiégés ou plutôt à ceux qui devaient l'être le lendemain.

La défense, on l'a vu, fut acharnée. Les Français et les Napolitains laissèrent au pied des murailles trente officiers et deux cent cinquante sous-officiers et soldats. Deux mille hommes, du côté des bourboniens, furent passés au fil de l'épée.

Hector Caraffa fut le héros de la journée.

Le soir, il y eut conseil de guerre. Hector Caraffa, comme Brutus condamnant ses fils, vota pour la destruction complète de la ville et demanda qu'Andria, son fief, fût réduite en cendres, auto-da-fé expiatoire et terrible.

Les chefs français combattirent cette proposition, dont l'âpre patriotisme les effrayait; mais la voix de Caraffa l'emporta sur la leur: Andria fut condamnée à l'incendie, et, de la même main qu'il avait dressé l'échelle contre les murailles d'Andria, Hector Caraffa porta la torche au pied de ses maisons.

Restait Trani, Trani qui, loin de s'effrayer du sort d'Andria, redoublait d'énergie et de menaces.