Là, le comte de Ruvo s'arrêta, fit cacher ses hommes, se dépouilla de ses habits et se jeta à la mer pour aller faire une reconnaissance.
L'attaque générale était dirigée, comme nous l'avons dit, par Broussier en personne. Il s'avança avec quelques compagnies de grenadiers, soutenues par la 64e demi-brigade, portant avec elle des fascines pour combler les fossés et des échelles pour escalader les murs.
Les assiégés avaient deviné le projet du général et s'étaient portés en masse sur la partie de la muraille menacée par lui, de sorte qu'à peine à portée de fusil, il fut assailli par une avalanche de balles qui renversa presque toute la file de ses grenadiers et tua le capitaine au milieu de ses soldats.
Les grenadiers, étourdis par la violence du feu et par la chute de leur capitaine, hésitèrent un instant.
Broussier ordonna de continuer de marcher contre les murailles, mit le sabre à la main et donna l'exemple.
Mais, tout à coup, on entendit une vive canonnade du côté de la mer, et un grand trouble se manifesta chez les défenseurs des murailles.
Un de ceux-ci, coupé en deux par un boulet, tomba des créneaux dans le fossé.
D'où venaient ces boulets qui tuaient les assiégés sur leurs propres remparts?
De Caraffa, qui tenait sa parole.
Il était, comme nous l'avons dit, parvenu jusque sur la plage, avait dépouillé ses vêtements et s'était jeté à la mer pour faire une reconnaissance.