Un petit papier, plié entre la première et la seconde page, renfermait ces mots: De la part des patriotes calabrais. Voir au mot POISON.
Le général Dumas chercha le mot indiqué; il était doublement souligné.
Il comprit que sa vie était menacée. Il cacha les deux volumes, de peur qu'ils ne lui fussent enlevés; mais il lut et relut assez souvent l'article recommandé pour apprendre par cœur les remèdes applicables aux différents genres d'empoisonnement que l'on pouvait tenter sur lui.
Nous avons publié, dans nos Mémoires, un récit de la captivité du général Dumas écrit par lui-même. Échangé, après neuf tentatives d'empoisonnement, contre le général Mack, le même que nous avons vu figurer dans cette histoire, il revint mourir en France d'un cancer à l'estomac.
Quant au général Manscourt, empoisonné dans son tabac, il devint fou et mourut dans sa prison.
Quoique cet épisode ne se rattache que faiblement à notre histoire, nous l'avons cité comme digne de figurer au troisième plan de notre tableau.
En arrivant à Spinazzola, le cardinal Ruffo reçut avis que quatre cent cinquante Russes étaient débarqués à Manfredonia, sous les ordres du capitaine Baillie.
Ils avaient avec eux onze pièces de canon.
Le cardinal écrivit à l'instant même pour que cette petite troupe, qui, si faible qu'elle fût, représentait et engageait un grand empire, ne manquât de rien et fût reçue avec tous les égards dus aux soldats du czar Paul Ier.
Le 29 mai au soir, le cardinal arriva à Melfi, où il s'arrêta pour célébrer la fête de saint Ferdinand et faire reposer un jour son armée.