—Elle est fort bien, mais un peu maigre.

Une d'elle avait ajouté:

—Et point de gorge.

Et surtout elle protestait contre les mariages arrangés par ces douairières qui semblaient considérer un vieillard titré et riche comme un excellent mari pour une fille pauvre.

—Le mariage, lui avait dit sa tante, n'est point une question de sentiments, c'est un sacrement destiné à donner des enfants à l'Église.

«En vérité, mademoiselle, écrivait-elle, j'aurais autant l'idée d'épouser un Patagon que la plupart des hommes que je vois ici.

Je me suis fait de ma vie une idée plus belle. Sera-ce jamais plus qu'une idée? Un cher foyer dans la paix d'un vallon de chez nous, des livres, des fleurs, de belles choses. Et quelqu'un au cœur ardent, à l'âme haute... »

Il est honnête d'ajouter que Mademoiselle, bonne personne, se mit alors à parler dans ses lettres de Catherine Bresson, et de Clotilde, petite fille sensible d'un héros.

[DEUXIÈME PARTIE]

Je vous en conjure, soyez
bons pour la vie et ne l'assommez
point à coups d'a
priori.
C'est une pauvre
femme, vieille et sale, qu'il
faut traiter avec sympathie:
elle y répond. Quand tout est
bien fini, la seule maxime qui
demeure est celle de l'héroïne
de Strindberg: «La race des
hommes est grandement à
plaindre.»