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»Mais pourquoi cette étrange détention? Jamais je ne l’offensai. Si l’on me destine la mort, pourquoi ce retard? et pourquoi m’a-t-on conduit ici, si ce n’est pour y mourir? Cette abbaye.... hélas!»... En cet endroit, le manuscrit était encore illisible; et pendant plusieurs pages, Adeline n’en put tirer que des phrases décousues.

«O calice amer! Quand donc, quand trouverai-je le repos? O mes amis! aucun de vous ne volera-t-il à mon secours? aucun de vous ne vengera-t-il mes tourmens? Ah! quand il sera trop tard,—quand j’aurai disparu pour toujours, vous tâcherez de les venger.

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»La nuit est encore revenue pour moi. J’ai encore passé un jour dans la solitude et dans la souffrance. J’ai gravi à la fenêtre dans l’idée que l’aspect de la nature rafraîchirait mon âme, et me donnerait quelque force pour supporter mes afflictions. Hélas! jusqu’à cette faible consolation qui m’est ravie! La croisée donne sur des parties intérieures de cette abbaye, et ne reçoit qu’une portion de ce jour que je ne dois jamais revoir pleinement. Cette nuit! cette nuit!»

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Adeline frissonna d’horreur. Elle tremblait de lire la phrase suivante; mais la curiosité la pressait de poursuivre. Elle n’osa pas: une frayeur indicible s’empara d’elle. «Quelque horrible forfait a été consommé dans ces lieux, dit-elle; le récit des paysans est véritable. On a commis un assassinat.» Cette idée la fit tressaillir d’épouvante. Elle se rappela le poignard qui avait embarrassé ses pas dans les appartemens dérobés, et cette circonstance servait à la confirmer dans ses plus terribles conjectures. Elle désirait examiner ce poignard; mais il était dans une de ces chambres, et elle tremblait d’aller le chercher.