«Je vous remercie..... Adeline.....»—Le marquis hésita.—«Adeline, continua La Motte, jaloux de prévenir ses desseins, est une beauté digne d’être recherchée. Elle a fait naître une passion dont elle doit être fière; et, à tout événement, il faut qu’elle soit à vous. Ses charmes sont dignes de.....»
«Oh! oui, interrompit le marquis; mais....» Il s’arrêta.—«Mais leur poursuite vous a coûté bien des peines, dit La Motte; et il faut nécessairement en convenir, monsieur; mais tout cela est passé, vous pouvez maintenant la regarder comme à vous.»
«Je le voudrais bien, répondit le marquis, regardant fixement La Motte,—je le voudrais bien.»
«Dites votre heure, monsieur, vous ne serez pas interrompu.—Une beauté telle qu’Adeline....»
«Surveillez-la soigneusement, interrompit le marquis, et ne souffrez pas, sous aucun prétexte, qu’elle quitte son appartement. Où est-elle maintenant?»
«—Enfermée dans sa chambre.»
«—Fort bien. Mais je suis impatient.—Fixez le temps, monsieur....—Demain soir, dit le marquis, demain soir. M’entendez-vous à présent?»
«—Oui, monsieur; ce soir, si vous voulez. Mais ne feriez-vous pas mieux de renvoyer vos domestiques, et de rester vous-même dans la forêt. Vous connaissez la porte de la tour de l’ouest, qui donne sur le bois: trouvez-vous-y à minuit,—je vous conduirai à sa chambre. Souvenez-vous donc, monsieur, que ce soir....»
«—Adeline meurt! interrompit le marquis d’une voix basse et féroce. Me comprenez-vous maintenant, monsieur?»—La Motte recula d’effroi.
«—La Motte! dit le marquis.» Il se fit un silence de quelques minutes, pendant lequel La Motte tâcha de se remettre.—«Permettez-moi, monsieur, ajouta-t-il lorsqu’il eut repris haleine, de vous demander ce que veut dire ceci? Pourquoi désirez-vous la mort d’Adeline,—de cette Adeline que vous aimiez tant?»