On se rappelle à quel degré monta la cherté des fourrages dans les trois années dont nous venons de parler.

On sait que cette cherté fut telle que le Roi se vit obligé d’accorder aux Maîtres de Poste, aux voitures de Places, à celles de la Cour & aux petites Messageries des environs de Paris, une augmentation sur le prix du tarif, d’un quart pour les unes, & d’un cinquieme pour les autres.

L’évaluation de cette augmentation est aussi dans la Jurisprudence des Tribunaux.

Vingt-sept arrêts du Conseil & du Parlement de Paris, rendus depuis l’année 1693, en pareille circonstance, & tous relatifs au service des Messageries, en sont la preuve[1].

Cependant les Fermiers des Messageries, n’avoient pas obtenu cette augmentation quoique si nécessaire.

Le motif de l’administration pour la leur interdire, avoit été que leur service étoit destiné à la classe des Citoyens la moins aisée, & surtout aux besoins du Commerce.

Mais l’administration n’en avoit pas moins senti que leur droit à un dédommagement étoit égal à celui de tous les autres propriétaires de voitures publiques.

On leur accorda donc un dédommagement sur le Trésor Public, & les Citoyens furent soulagés.

3o. Enfin cette indemnité si justement accordée au bail de 1782, n’a rien de commun avec le bail de 1788.

Ces deux baux ne sont pas le même bail.