Georges l'attaqua par l'esprit comme par le coeur. Il lui dit qu'il n'était pas un héros de roman, mais que jamais ces amoureux transis qui s'appellent Saint-Preux et Werther, ces amoureux affolés qui s'appellent des Grieux et Ravensvood n'aimaient pas comme lui d'un amour profond, mystérieux, invincible et fatal.
«Des rêveries,» dit Valentine voulant cacher son coeur.
Elle prit une fraise, et la mangea.
«Oh! les admirables dents de crocodile, murmura son amant.
—Tu veux dire que je me nourris de tes larmes. Je te jure que j'aime mieux tes fraises.
La comtesse prit une seconde fraise, puis une autre encore.
—Tu vois qu'il y a de bonnes choses sur la terre.
—O sublime gourmande!»
Et Georges présenta lui-même une fraise aux lèvres de Valentine.
«Ta bouche n'est pas assez grande.»