Madame de Xaintrailles coupa sa fraise en deux.

«Pour toi,» dit-elle.

Georges le comprenait ainsi.

«Et tu aurais le coeur, dit-il, de manger désormais des fraises sans moi?

—Oh! mon Dieu, oui. Je vais devenir plus gourmande que jamais pour me consoler. Mais tu sais que je n'ai qu'une heure à te donner: l'heure du diable. Nous avons déjà perdu une demi-heure.»

Les deux amants étaient redevenus presque gais.

Ni l'un ni l'autre ne pouvait croire que c'était là leur rendez-vous d'adieu. Georges espérait vaguement que le comte n'en reviendrait pas, et Valentine, toujours légère, ne s'imaginait pas que la séparation serait éternelle, quoiqu'elle fût de bonne foi dans son repentir.

«Georges, dit-elle tout à coup, vous n'êtes pas sérieux; vous voulez me perdre encore; mais j'ai un ami qui me sauvera.

—Un ami?

—Oui, Dieu.»