550. Roçanda pousse un gémissement qui s'entend au loin, et elle appelle son frère au secours. Mais Léka «reste muet, comme une pierre froide,» n'osant rien dire, de peur d'être aussi immolé. «Venez, frères, crie Marko à ses deux amis, apportez-moi mon sabre; il est temps de partir.» Ils sautent, en effet, du tchardak à terre, et quand Marko a son sabre entre les mains, le poëte termine ainsi froidement son récit: «Ils s'élancèrent sur leurs bons chevaux et prirent leur course par la vaste plaine; Léka demeura comme une pierre froide, et Roçanda poussant des gémissements de douleur.»
NOTES
I. [Note 1: Les Merniavtchevitch, c'était Voukachine et ses deux frères, Ougliécha et Goiko. «Voukachine Merniavtchévitch résidait à Prichtina, et son autorité s'étendait sur tous les pays environnants; il avait donné à son frère Ougliécha le titre de despote, avec le commandement de Drama, de Serres et des lieux avoisinants jusqu'à Salonique» (Istoria Tzèrne Gore, napisao Milakovitch, 1856, page 20.)]
I. [Note 2: Ouroch V (le dixième des Nemanitch), que la légende représente comme un enfant, était déjà, du vivant de son père Douchan, marié à une princesse Valaque, Hélène et avait le commandement de la vieille Serbie, avec le titre de roi.]
I. [Note 3: Le tzar défunt, c'est Douchan le Fort (Silni).]
I. [Note 4: Le texte porte: Starostavné Knigué livres anciennement composés, mais d'après une leçon que propose l'éditeur (Dictionnaire serbe, p. 713), je lis Tzarostavné, (lettres) impériales, ce qui offre un sens plus convenable.]
I. [Note 5: Za iounatchko se pitayou zdravlié, littéralement, ils s'enquièrent (l'un à l'autre) de leur santé de braves, expression qui revient constamment.]
I. [Note 6: Chetcher vyou, a rakiou piyou Aujourd'hui encore c'est l'étiquette parmi les Serbes, d'offrir à tout visiteur la confiture et l'eau-de-vie de prune (chlivovitza), ou le café, avec le tchibouk.]
II. [Note 7: Les Vilas sont des êtres surnaturels, à l'existence desquels le peuple croit encore aujourd'hui, mais sans se faire d'elles une idée bien exacte. Au physique cependant on se les représente sous la forme de jeunes filles vêtues de robes blanches, aux longs cheveux flottant sur les épaules, et qui habitent au bord des eaux dans les lieux les plus reculés des forêts et des montagnes. Leur principal attribut paraît être la connaissance des simples, et par là de l'art médical. Elles figurent aussi bien, quoique plus rarement dans les contes (non versifiés), que dans les chants, et paraissent certainement être un reste de la mythologie slave païenne.]
II. [Note 8: Le nom serbe de cette masse d'armes, garnie de nœuds, est bouzdovan, du turc bouzdyghan.]