II. [Note 9: Zadoujbina (de doucha, âme), désigne une fondation religieuse faite, une construction quelconque élevée, une œuvre pie accomplie en vue du salut éternel. Les souverains serbes, dépassant ce qui avait lieu en Occident, ont construit dans ce but une multitude d'églises et de monastères, dont plusieurs subsistent encore. La fondation de Ravanitza par Lazare est, entre autres, le sujet d'un chant (t. II, n° 35) Ses restes qui y avaient été d'abord déposés en ont été enlevés depuis et transportés au couvent de Krouchedol en Sirmie.]
IV. [Note 10: Les gens de noces, conviés, svat. Les noces serbes se font avec un cérémonial tout particulier, et celui qui est décrit ici ne s'éloigne point des coutumes actuelles. Au jour fixé, le fiancé se rend avec les personnes des deux sexes qu'il a invitées, et qui portent le nom de svat, à la maison de l'épousée; il est assisté d'un koum ou parrain, d'un stari svat ou ancien des invités, qui servent de témoins, et d'un dévèr, ou paranymphe (il peut être marié, c'est pourquoi je ne dis pas garçon de noce), qui reçoit l'épousée des mains de ses parents, et ne doit point la quitter jusqu'à l'arrivée dans la maison conjugale. L'usage en effet interdit absolument à ses parents d'assister au mariage, et ils ne revoient d'ordinaire leur fille que huit jours après. Cette prohibition va plus loin: elle s'étend jusqu'aux couches, dans lesquelles une mère ne saurait assister sa fille. Quand on demande aux Serbes la raison d'usages aussi singuliers (pour nous, du moins), ils n'ont d'autre réponse que celle-ci: «Ce serait une honte (d'agir autrement).»]
IV. [Note 11: Il ne faut pas s'étonner de voir figurer ici le doge de Venise. Cette ville (en serbe, Mlétzi), par suite de ses rapports avec la Dalmatie et le Montenégro, était bien connue dans tous les pays serbes, et le long poëme d'Ivan Tzèrnoiévitch roule sur une union entre une ancienne famille princière du Montenégro et un doge.]
IV. [Note 12: Protégée. Je n'ai su comment rendre le mot snaha, qui marque ici la relation entre la fiancée et le dévèr, sous la garde duquel elle se trouve placée.]
IV. [Note 13: Aujourd'hui encore, mettre la veste à l'envers est la manière de porter le deuil parmi les paysans.]
V. [Note 14: Il y a sans doute ici confusion entre la Maratza (Hebrus des anciens), sur les bords de laquelle les Serbes perdirent une première bataille contre les Turcs en 1365, et quelque rivière qui traverse la plaine de Koçovo. De même, lors de cette bataille, il y avait longtemps que le roi Voukachine était mort: il avait péri en 1371, assassiné par un valet, à la suite d'un engagement avec les Turcs. (Davidovitch, Istoria Serbskog naroda, p. 77.)]
V. [Note 15: On connaît assez l'étiquette turque pour comprendre ce que cette action avait d'outrageant.]
V. [Note 16: Tzaré pootchimé. Pootchim signifie quelque chose comme père d'adoption, ou de choix. C'est le nom que Marko donne ordinairement au sultan, qui lui répond par celui de poçinko, de sin fils. Tous ces mots, ainsi que celui de pomaika (de maika, mère), que l'on rencontre aussi, et qui sont également intraduisibles, sont dérivés des noms de parenté avec l'addition de la particule po. (Voir pobratime, aux notes de la première partie, page 59.)]
VIII. [Note 17: Le mot Arapin désigne et les Arabes, et les nègres ou Maures. Il y a sans doute dans ces campagnes lointaines de Marko une réminiscence historique, car on assure que Bajazet, dans la bataille où il fut défait par Timour, en 1402, avait parmi ses troupes, vingt mille auxiliaires serbes.]
IX. [Note 18: Deli (T.), brave, garde du corps, homme d'escorte.]